Dix ans après Batman v Superman : trois réussites intemporelles, trois aspects qui ont mal vieilli
Dix ans se sont écoulés depuis la sortie de Batman v Superman. L’heure est au bilan : certains aspects du film ont gagné en valeur avec le temps, tandis que d’autres ont, au contraire, perdu de leur superbe.
Tl;dr
- Début de Wonder Woman salué, même après 10 ans.
- Scénario trop chargé nuit à la narration globale.
- Lex Luthor d’Eisenberg toujours contesté par les fans.
L’éclat de Wonder Woman, dix ans après
Dix ans déjà que Warner Bros. lançait sur grand écran le film controversé de Zack Snyder, Batman V. Superman : L’Aube de la justice. Parmi les points qui font encore consensus aujourd’hui, l’arrivée fracassante de Gal Gadot en Wonder Woman reste une réussite indéniable. Dès sa première apparition dans le long-métrage, elle s’est imposée comme une figure héroïque lumineuse et charismatique, éclipsant parfois ses deux célèbres acolytes masculins. Cette entrée remarquée a ouvert la voie à son propre film solo, considéré par beaucoup comme l’un des piliers du désormais défunt DCEU.
Un scénario surchargé : deux histoires pour un seul film
En revanche, difficile de passer sous silence la complexité excessive du scénario. Le film ambitionnait d’adapter non seulement le choc mythique entre Batman et Superman, mais aussi la tragique disparition de ce dernier dans l’arc du Death of Superman. Résultat ? Un enchaînement précipité de séquences majeures où chaque intrigue se trouve malheureusement étouffée par l’autre. Le spectateur se retrouve ballotté entre affrontement philosophique et épopée sacrificielle sans jamais pouvoir savourer pleinement chacune d’elles. Une frustration d’autant plus palpable lorsqu’on réalise que ces deux récits auraient pu briller séparément.
Batailles morales et questionnements autour de Batman
Si certains fans apprécient le virage sombre pris par Batman, prêt à tuer sans hésitation, cette version du chevalier noir a divisé. Le choix scénaristique qui pousse le justicier à vouloir éliminer Superman simplement parce qu’il est différent soulève encore aujourd’hui de vives critiques. Cependant, au milieu d’une séquence devenue célèbre — celle où Superman supplie « Sauve Martha » — un basculement s’opère : Batman prend soudain conscience de son aveuglement meurtrier. Certes maladroite à l’écran, cette scène marque pourtant un retour progressif du héros vers ses idéaux fondateurs.
Eisenberg et le pari manqué du nouveau Lex Luthor
Autre choix artistique ayant mal vieilli : l’interprétation excentrique de Jesse Eisenberg. Son Lex Luthor, oscillant entre caricature déjantée et génie incompris, n’a jamais trouvé grâce auprès des puristes ni des amateurs occasionnels. La comparaison avec les précédentes incarnations — de Gene Hackman à Nicholas Hoult, en passant par le mémorable Michael Rosenbaum — tourne systématiquement à la défaveur du comédien américain, dont la prestation paraît toujours aussi discordante avec l’univers DC Comics.
Au bout du compte, dix ans après sa sortie, Batman V. Superman : L’Aube de la justice continue d’alimenter débats et passions sur ce qu’il a su magnifier… et ce qu’il a profondément manqué.