En bref
- Batman: Knightfall Part 1 va trop vite
- Le chaos de Gotham manque d’ampleur
- Azrael reste encore trop flou
Quand on adapte une saga aussi massive que Batman: Knightfall, 75 minutes, c’est maigre. Et c’est exactement ce que cette première partie laisse en tête, plus encore que son affrontement central entre Batman et Bane.
Le film reprend pourtant un matériau majeur de l’histoire de DC Comics. On y retrouve l’arrivée de Bane à Gotham City, puis le moment où il brise le dos de Bruce Wayne, avant le passage de relais vers Azrael, alias Jean Paul Valley. Sur le papier, c’est énorme. À l’écran, ça tient, mais ça file à toute vitesse.
Un récit trop vaste pour 75 minutes
Dans les comics, Knightfall s’étale sur plusieurs années et prend le temps d’installer sa montée en puissance. Ici, cette première partie ressemble parfois à un résumé accéléré de la matière d’origine. Les grands points sont là, oui. Mais entre cocher les étapes et laisser une histoire respirer, il y a un monde.
C’est d’autant plus frustrant que le film n’est pas raté. Il traduit correctement plusieurs éléments clés, mais sans vraie ampleur. Avec 90 minutes, voire deux heures, l’introduction aurait sans doute mieux porté le poids du récit. Bon, le problème n’est pas la fidélité brute, c’est le rythme.
Gotham perd sa sensation de chaos
Le cœur de Knightfall, ce n’est pas seulement Bane qui casse Batman. C’est la manière dont il l’épuise d’abord. Dans le comics, la destruction de l’asile d’Arkham libère une bonne partie des ennemis de Batman, et Bruce Wayne enchaîne les nuits sans fin pour reprendre le contrôle.
Là, on sent surtout ce qui manque. Le Joker, Poison Ivy, Two-Face, Catwoman, Killer Croc, et d’autres encore, faisaient partie de la démonstration. Sans cette galerie de vilains, Gotham City paraît moins hors de contrôle, et l’usure de Bruce perd en impact. Résultat, la chute arrive, mais la lente destruction physique et mentale du personnage mord moins fort.
Azrael existe, mais sans vraie épaisseur
Autre coupe plus gênante qu’elle n’en a l’air, l’origine de Jean Paul Valley. Le film préfère se concentrer sur Bane et son passé dans la prison de Santa Prisca, ce qui se défend. Mais du coup, Azrael reste surtout une promesse.
Le culte de St. Dumas est évoqué, tout comme le System qui le perturbe, sans vraie exploration. C’est un peu court pour un personnage appelé à prendre le costume. Dans les comics, Batman: Sword of Azrael posait beaucoup plus clairement les bases.
La suite devra mieux respirer
Il reste encore deux films pour dérouler cette trilogie. Clairement, tout n’est pas perdu. Mais cette première partie rappelle un souci assez ancien côté animation chez DC, une tendance à vouloir couvrir beaucoup de terrain sans toujours laisser les moments clés exister vraiment.
Si les prochains volets gèrent mieux leur temps, Knightfall peut encore retrouver le souffle qu’on attend d’un tel arc. Sinon, on gardera surtout l’impression d’avoir vu une grande saga compressée, pas encore le grand film qu’elle pouvait devenir.