AMD rachète World Labs pour 8,2 milliards de dollars

AMD rachète World Labs pour environ 7,6 milliards d’euros. Un move lourd qui amène aussi Fei-Fei Li au cœur de sa stratégie IA.

AMD
Image d'illustration. AMD — ADN

En bref

  • World Labs rejoint Nvidia pour renforcer son écosystème IA et mieux concurrencer Nvidia.
  • Fei-Fei Li rejoint AMD comme directrice scientifique, avec l’objectif de faire passer les recherches de World Labs à une plus grande échelle.
  • Le rachat renforce AMD dans les « world models », capables de représenter le monde réel et de produire des données utiles notamment pour entraîner les robots.

AMD vient de lâcher un gros signal au marché de l’IA. Le groupe met la main sur World Labs pour 8,2 milliards de dollars, avec un objectif limpide, renforcer son écosystème face à Nvidia, qui a déjà une vraie avance sur les modèles pensés pour les puces dédiées à l’IA. Là, on n’est pas sur un simple rachat de talent. C’est une pièce stratégique.

Un rachat qui dépasse le simple chèque

Le deal doit être bouclé avant la fin de l’année, si le feu vert réglementaire arrive. Et la logique avancée par les deux boîtes se tient plutôt bien. World Labs explique que le développement de l’IA demande une collaboration serrée entre la recherche sur les modèles, les systèmes et la puissance de calcul. De son côté, AMD estime que comprendre ce type de charges de travail de pointe va directement influencer sa feuille de route côté puces.

Bref, AMD ne rachète pas juste une startup prometteuse. Il rachète une façon de penser les futurs besoins matériels.

Fei-Fei Li change de dimension

L’autre morceau du deal, c’est évidemment Fei-Fei Li. La fondatrice de World Labs va rejoindre AMD comme vice-présidente exécutive et directrice scientifique. Et là, clairement, le CV parle tout seul. Professeure d’informatique à Stanford, elle reste l’une des figures majeures de l’IA moderne, notamment grâce à ImageNet et à tout ce que cette base a déclenché dans la vision par ordinateur.

En 2024, elle avait lancé World Labs avec une idée assez simple à formuler, mais costaud à exécuter, construire des modèles de deep learning avec une meilleure compréhension du monde physique. Pour elle, une vraie intelligence générale ne peut pas se contenter du texte, elle doit aussi raisonner sur des données ancrées dans la physique.

Dans son message sur l’opération, Fei-Fei Li explique vouloir faire sortir les avancées techniques de World Labs du labo pour les faire changer d’échelle. Elle écrit même, « Maintenant que nous avons une preuve concrète des possibilités, nous voulons tout faire pour accélérer l’avenir ». Et pour ça, selon elle, il faut élargir la portée de leurs travaux et se rapprocher du hardware.

Les world models, le vrai terrain de bataille

Le terme world model reste encore un peu flou. Ça peut désigner des modèles de langage capables de comprendre des entrées visuelles, comme des systèmes capables de générer et maintenir une simulation très fidèle de la réalité. C’est justement sur ce terrain que World Labs s’est placé.

Son premier produit, Marble, est présenté comme un outil pour créer des expériences de divertissement, mais aussi des environnements simulés pour entraîner des robots. Et c’est là que ça devient important. Les données du monde réel manquent pour entraîner des robots polyvalents, donc les données synthétiques produites par ces modèles deviennent centrales, que l’on parle de véhicules autonomes, de robots industriels ou d’humanoïdes généralistes.

Nvidia a déjà des modèles ouverts comme Cosmos. AMD, lui, n’avait jusqu’ici mis en avant publiquement que des modèles centrés sur le texte et la vidéo. Du coup, ce rachat comble un trou très visible. Et dans la guerre des puces IA, ce genre de trou coûte cher.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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