Disclosure Day regarde moins Spielberg que l’ombre de The Abyss

Image d'illustration. Disclosure DayUniversal Pictures / PR-ADN
Le nouveau film de Steven Spielberg évoque les classiques du premier contact. Mais son vrai cousin, plus discret, serait plutôt The Abyss de James Cameron.
En bref
- Disclosure Day rappelle surtout The Abyss
- Le film privilégie ses personnages
- Les aliens y jouent un rôle moral
On attendait un cousin de Close Encounters of the Third Kind. Ce n’est visiblement pas là que Disclosure Day regarde le plus.
Le nouveau film de Steven Spielberg, avec de légers spoilers à la clé, renvoie plutôt à The Abyss, le grand film sous-estimé de James Cameron sorti en 1989. Et ce n’est pas juste une question d’aliens. Le lien est plus intéressant que ça, parce qu’il dit comment le cinéma de premier contact peut parler de nous sans nous mettre constamment au centre.
Le faux air de Close Encounters
Quand sa bande-annonce est arrivée, pas mal de spectateurs ont pensé à Close Encounters of the Third Kind. Certains sont même allés jusqu’à imaginer une suite spirituelle, voire davantage. Il y a bien un air de famille visuel, oui.
Mais Disclosure Day fonctionne autrement. Là où Close Encounters se concentrait surtout sur ses deux figures centrales, Roy, joué par Richard Dreyfuss, et Jillian, incarnée par Melinda Dillon, beaucoup d’autres personnages restaient à l’état d’archétypes. Même Claude, joué par François Truffaut, ou David, interprété par Bob Balaban, gardaient une part de distance. Spielberg avait déjà utilisé cette logique dans E.
T., avant de donner plus d’épaisseur à Keys, joué par Peter Coyote.
Des personnages au premier plan, la crise au fond
Ici, le film est plus incarné. Noah, joué par Colin Firth, n’est pas un antagoniste opaque. Daniel, interprété par Josh O’Connor, tente de convaincre sa compagne Jane, jouée par Eve Hewson, que les aliens existent, pendant que Margaret, incarnée par Emily Blunt, essaie de comprendre ce qui lui arrive.
C’est là que le parallèle avec The Abyss devient solide. Dans le film de Cameron, Lindsey, jouée par Mary Elisabeth Mastrantonio, essaie, elle aussi, de faire admettre ce qu’elle a vu à Bud, interprété par Ed Harris, tandis que le lieutenant Coffey, joué par Michael Biehn, se prépare à frapper le premier. Même mécanique dans Disclosure Day, avec un conflit potentiel entre les États-Unis et la Corée du Nord volontairement laissé flou. Bon, c’est assez malin, parce que la grande intrigue reste en arrière-plan pendant que les vies individuelles occupent l’écran.
Quand les aliens servent d’électrochoc moral
Les deux films utilisent aussi les journaux télévisés pour faire monter la pression. Dans The Abyss, cela rappelle à quel point l’équipage de Deepcore est coupé du monde de la surface. Dans Disclosure Day, ces inserts préparent le climax.
Et le fond, lui, se rejoint franchement. Dans The Abyss, un appareil d’intelligence non terrestre provoque l’accident d’un sous-marin nucléaire américain, en pleine fin de guerre froide entre les États-Unis et la Russie. La tension grimpe jusqu’au bord de la catastrophe. L’édition spéciale restaure même une séquence où ces entités menacent la Terre avec une vague géante pour obliger l’humanité à revoir sa trajectoire destructrice.
Disclosure Day choisit une autre voie, plus spirituelle que philosophique. Les aliens n’imposent pas seulement la peur, ils provoquent un moment de révélation par l’information, la confession et la communication. En gros, les deux films défendent la même idée, assez rare dans ce registre, l’inconnu peut nourrir l’hystérie, mais la découverte que nous ne sommes pas seuls peut aussi réveiller un sens de la responsabilité. Et ça, dans un cinéma d’invasion souvent binaire, ça compte encore.