Bluesky : la vérification d’âge devient obligatoire au Royaume-Uni

Image d'illustration. BlueskyADN
Pour se conformer à la loi britannique, le réseau social Bluesky introduit un contrôle d’âge qui divise les internautes.
Tl;dr
- Bluesky va imposer une vérification d’âge au Royaume-Uni pour se conformer au Online Safety Act.
- Les méthodes proposées (scan facial, pièce d’identité ou carte bancaire) inquiètent sur la question de la confidentialité.
- Si seuls les Britanniques sont concernés pour l’instant, d’autres pays pourraient suivre cette tendance réglementaire.
Un nouveau cap pour la vérification d’âge chez Bluesky
Depuis quelques semaines, la question de la vérification d’âge sur les réseaux sociaux suscite un vif débat outre-Manche. C’est désormais officiel : les utilisateurs britanniques de la plateforme Bluesky devront bientôt prouver leur âge s’ils souhaitent continuer à échanger des messages privés ou accéder à l’intégralité du contenu, y compris celui réservé aux adultes. Cette mesure, qui entrera en vigueur dans le courant du mois, vise à se conformer à une réglementation stricte : le Online Safety Act, voté en 2023 par le Parlement britannique.
Des méthodes variées, des questions de confidentialité
Pour mettre en œuvre ce contrôle, Bluesky s’appuiera sur les solutions proposées par le Kids Web Services (KWS) de l’éditeur américain Epic Games. Les utilisateurs disposeront alors de plusieurs options :
- Scan du visage ;
- Vérification via pièce d’identité officielle ;
- Paiement par carte bancaire.
Un choix qui peut sembler anodin mais soulève des interrogations bien légitimes concernant la protection des données personnelles. D’ailleurs, ceux qui refuseront de procéder à cette vérification verront leur accès restreint : adieu messages privés et contenus pour adultes.
Loi britannique et écho international
Ce durcissement réglementaire fait directement écho aux exigences du Online Safety Act, qui entrera pleinement en application dès le 25 juillet. Pour rappel, ce texte impose à tous les services numériques diffusant des contenus réservés aux adultes de vérifier rigoureusement l’âge de leurs utilisateurs. Si, pour l’heure, seuls les Britanniques sont concernés sur Bluesky, la dynamique s’étend ailleurs : aux États-Unis notamment, où la Cour suprême a récemment confirmé une loi texane similaire visant les sites pour adultes.
Doutes persistants autour de la protection des données
Faut-il y voir un progrès dans la lutte contre l’accès prématuré aux contenus sensibles ? Pas si simple. Depuis plusieurs années déjà, nombre de défenseurs des droits numériques et de spécialistes en cybersécurité tirent la sonnette d’alarme. Comme le rappellent souvent certaines organisations militantes outre-Atlantique ou au Royaume-Uni, ces mesures risqueraient surtout de fragiliser encore davantage la vie privée – tant celle des enfants que celle des adultes – exposant leurs informations personnelles à de nouveaux risques potentiels. Ce débat ne fait sans doute que commencer…