Un thriller d’action culte des années 80 inspiré d’un scénario abandonné d’Akira Kurosawa

Image d'illustration. Runaway TrainGolan-Globus Productions / PR-ADN
Un film d’action culte des années 1980 puise son origine dans un scénario non retenu du célèbre réalisateur japonais Akira Kurosawa, apportant ainsi une dimension inattendue à cette production devenue emblématique pour les amateurs du genre.
Tl;dr
- « Runaway Train » naît d’un scénario d’Akira Kurosawa.
- Le film s’écarte du style originel japonais.
- Une expérience intense, portée par Voight et Roberts.
De Kurosawa à Hollywood : l’étonnant destin de « Runaway Train »
Lorsqu’on aborde le parcours d’Akira Kurosawa, cinéaste dont l’influence s’étend sur un demi-siècle, impossible de ne pas évoquer l’empreinte laissée sur le cinéma mondial – particulièrement à Hollywood. Les œuvres du maître japonais, de « Rashômon » à « Les Sept Samouraïs », ont inspiré des générations de réalisateurs, parmi lesquels George Lucas et Sergio Leone. Cependant, derrière ces hommages évidents, d’autres adaptations surprennent par leur discrétion : ainsi, qui se souvient que « Battle Beyond the Stars », pastiche spatial, ou encore « Last Man Standing » avec Bruce Willis, puisent dans ce répertoire ? Mais il existe une adaptation au destin plus singulier encore : « Runaway Train ».
L’origine méconnue d’un thriller haletant
En 1963, après la lecture d’un article relatant un accident ferroviaire, l’idée germe chez Kurosawa. Il élabore alors, avec ses fidèles collaborateurs Hideo Oguni et Ryuzo Kikushima, un scénario centré sur deux détenus échappés cachés dans un train immobile… qui finit par s’emballer vers une destination inconnue. Ce projet devait marquer son passage à la couleur (c’est finalement « Dodes’ka-den » qui en bénéficiera), mais faute de moyens financiers, le script sombre dans l’oubli.
Il faudra attendre les années 1980 pour qu’Andrei Konchalovsky, figure du cinéma russe exilée à Hollywood, ressuscite ce texte. Son adaptation donne naissance à un film d’action aussi énergique que décalé : si l’essence du scénario original subsiste, l’intention en est profondément transformée.
Sous tension : récit et interprétations mémorables
Dès les premières minutes, « Runaway Train » plonge le spectateur dans une atmosphère suffocante : on y suit Oscar Manheim – incarné par un Jon Voight impressionnant –, braqueur endurci qui s’évade du pénitencier de Stonehaven en Alaska avec Buck McGeehy (Eric Roberts). Leur fuite tourne au cauchemar lorsqu’ils montent à bord d’un train incontrôlable après la mort subite du conducteur.
Les amateurs de sensations fortes trouveront leur compte : collision imminente près d’une centrale nucléaire, autorités impuissantes… La tension monte crescendo tandis que Voight et Roberts livrent des prestations écorchées. Le réalisateur insuffle également une réflexion subtile : ces détenus privés de compassion peuvent-ils se révéler autrement face au danger ?
Voici les ingrédients clés que retient le public :
- Mise en scène nerveuse et action continue.
- Duo central charismatique aux personnalités contrastées.
- Touche dramatique derrière l’aventure.
L’héritage transformé d’un maître japonais
Si « Runaway Train » s’éloigne nettement des codes et du style de Kurosawa, il n’en demeure pas moins une adaptation robuste et divertissante de sa vision initiale. Entre hommage décalé et relecture américaine spectaculaire, ce film témoigne surtout de la vitalité inépuisable de l’héritage laissé par le cinéaste japonais.