En bref
- Uber a vendu toute sa participation dans Serve Robotics, sans que l’entreprise soit prévenue avant l’annonce officielle.
- Le partenariat entre les deux groupes s’est essoufflé, avec des désaccords sur le déploiement des robots et une baisse des livraisons via Uber.
- Serve Robotics prévoit de tourner la page en 2027, tandis qu’Uber continue d’investir dans d’autres technologies autonomes.
Serve Robotics ne s’attendait pas à apprendre comme ça que Uber avait tout vendu. C’est pourtant ce qui s’est passé, via une publication réglementaire. Et ce détail change pas mal de choses, parce qu’on ne parle pas d’un investisseur lointain, mais d’un ancien allié très lié à l’ADN même de l’entreprise.
Une sortie totale, et un effet de surprise bien réel
Uber a cédé l’intégralité de sa participation dans Serve Robotics. L’info est apparue dans un document réglementaire, et le désengagement ne date pas d’hier. Des dépôts montrent que le groupe avait déjà commencé à réduire sa part en 2025.
Mais la vente finale, elle, a surpris Serve, selon une source proche du dossier. L’entreprise n’aurait découvert le mouvement qu’au moment de sa divulgation officielle. Uber, de son côté, n’avait pas réagi dans l’immédiat. Résultat, la séparation ressemble moins à un ajustement discret qu’à un vrai coup de froid.
D’une filiation très directe à une alliance qui s’effrite
Pour comprendre pourquoi c’est important, il faut remonter un peu. Serve Robotics est née de Postmates X, la division robotique de Postmates, que Uber a racheté en 2020 pour 2,65 milliards de dollars. En 2021, cette activité a pris son indépendance sous le nom Serve Robotics.
Et le lien n’était pas juste historique. Uber a investi, puis signé un partenariat avec Serve en 2022. En mai 2023, les deux groupes avaient même élargi l’accord pour déployer jusqu’à 2000 robots de livraison sur l’application Uber, dans plusieurs marchés aux États-Unis. Sur le papier, ça ressemblait à une trajectoire logique. Dans la vraie vie, moins.
Les chiffres racontent la fracture
La semaine dernière, pendant la présentation des résultats trimestriels, le cofondateur et patron de Serve Robotics, Ali Kashani, a expliqué que le volume de livraisons via Uber avait progressé pendant 17 trimestres consécutifs, du premier trimestre 2022 au premier trimestre de cette année. Puis, au deuxième trimestre, la série s’est arrêtée.
Ali Kashani a attribué ce retournement à une utilisation des robots plus faible que prévu. Il a aussi parlé de « visions différentes » entre Serve et Uber sur la manière de faire grossir leur flotte autonome commune, notamment sur la coordination de flotte et l’intégration avec les commerçants. Dans le même temps, Serve dit avoir vu les livraisons avec un autre partenaire de livraison alimentaire grimper de près de 50% sur un seul trimestre. Clairement, le problème n’est pas juste la techno.
Vers une fin de partenariat dès 2027
Conséquence directe, Serve Robotics ne pense pas qu’un renouvellement de l’accord avec Uber ait beaucoup de sens quand il expirera au début de 2027. Dit autrement, la page est déjà en train de se tourner.
Ce retrait compte aussi parce que Uber n’abandonne pas l’autonomie pour autant. L’entreprise a multiplié, ces dernières années, les investissements et partenariats avec plus de 30 sociétés de technologies liées aux véhicules autonomes. Serve n’était donc plus au centre du jeu. Et maintenant, c’est officiel.