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Test A Way Out

Par Antoine Roche,  publié le 9 avril 2018 à 12h00.
4 /10

Notes

  • A Way Out
    4

Avantages

  • Un concept intéressant...
  • Un seul exemplaire du jeu nécessaire
  • Quelques passages sympathiques

Inconvénients

  • ...finalement peu utilisé par un gameplay basique
  • Un scénario improbable et mal écrit
  • Des cinématiques interminables

De la coopération en split screen obligatoire et une évasion de prison : A Way Out avait tout du jeu sympathique sur le papier, mais qu'en est-il au final ?

Introduction

Annoncé à l’E3 2017, A Way Out a fait lever d’intérêt les sourcils de bien des joueurs, votre serviteur compris. Nouveau jeu signé Josef Fares à qui l’on doit le fort sympathique Brothers: A Tale of Two Sons, AWO propose une nouvelle fois une aventure portée par deux personnages, mais ici pas question pour un seul joueur de diriger les deux : AWO est uniquement jouable en coopération à deux joueurs.

Un choix osé, qui s’accompagne d’ailleurs d’une mécanique assez originale au coeur du gameplay, à savoir un unique écran divisé en deux pour chaque joueur/personnage (oui, y compris en ligne). Reste à voir si ce fonctionnement atypique et cette histoire d’échappée de prison et de vengeance en font un jeu suffisamment bon pour faire décoller le label EA Originals qui en aurait bien besoin après les mignons mais passables Fe et Unravel.

Nervous Prison Break Down

Vincent, aussi surnommé Barbichette (ou “celui avec autant d’expression qu’une figue molle”) et Leo, aussi surnommé Rouflaquettes (ou “celui avec le nez”) sont deux prisonniers qui ne se connaissent pas. Très (trop) rapidement, les deux compères aux caractères bien différents – le premier est plutôt calme quand le second est plus sanguin -, chacun contrôlé par un joueur dans la zone de gauche ou de droite de l’écran, vont se trouver un ennemi commun : Harvey, un criminel responsable de leur enfermement. Nos héros vont alors décider de s’échapper, bien motivés à se venger.

Que les deux personnages soient ou non dans la même zone de jeu (rarement bien grandes ou très vivantes), les joueurs ont quelques objectifs à accomplir pour avancer dans l’histoire. Ils peuvent également se déplacer plus ou moins librement et interagir avec quelques PNJ qui n’ont pas grand-chose à dire et des objets tantôt ludiques 30 secondes (des fléchettes, une borne d’arcade…), tantôt sans le moindre intérêt. Si vous avez déjà joué à un jeu Quantic Dream c’est environ pareil, mais en split screen à deux.

Malgré quelques rares passages où les joueurs devront coopérer voire se synchroniser pour résoudre quelques “énigmes” simples, les actions (en grande majorité des QTE) proposées par A Way Out sont rarement difficiles ou même intéressantes. Comme l’a dit mon cynique mais réaliste camarade de jeu durant notre session : “Ça c’est du gameplay émergeant comme on n’en voit pas tous les jours.” Ajoutez à cela quelques phases de conduite et de tir extrêmement vieillottes et basiques ou encore quelques rares choix à opérer (baratiner ou assommer un garde, par exemple) qui ne changeront presque pas l’histoire, et vous obtenez un titre ludiquement très limité. Éventuellement sympathique pour faire jouer quelqu’un qui ne touche pas beaucoup aux jeux vidéo, et encore.

Un jeu (J)osef Fares

L’autre problème majeur de AWO, au-delà de son gameplay peu captivant, c’est son ton. En forçant sur la musique dramatique pendant les cinématiques (souvent interminables d’ailleurs) et sur les situations et dialogues qui essayent d’attendrir les joueurs au milieu d’un scénario complètement improbable et inintéressant, le jeu a en permanence le pad entre deux chaises. C’est bien simple : le titre de Josef Fares est un mauvais nanar qui n’a pas conscience d’en être un.

Si l’histoire avait pleinement embrassé son côté Prison Break (pour l’improbabilité de l’évasion et de la suite) et ses nombreuses références à d’autres oeuvres plutôt que d’essayer de se la jouer sérieux, le résultat aurait été probablement bien meilleur. Il arrive souvent de rire (et de soupirer) devant AWO, mais de dépit tellement certains passages sont mauvais côté écriture et jeu d’acteur. L’aventure ne dure que 5h et pourtant le temps semble souvent long. Il y a bien quelques passages qui surnagent un peu, avec notamment quelques idées de réalisation sympathiques, mais l’ensemble est bien trop médiocre pour être sauvé par ces petits miracles.

Du côté des autres rares points positifs, on appréciera que A Way Out tourne très bien sur PC (il faut dire que graphiquement le jeu est… modeste) ou encore que les deux joueurs n’ont pas besoin d’acheter le jeu pour pouvoir jouer : même en ligne, une seule copie suffit puisque l’acheteur a juste a inviter son compagnon d’infortune qui n’aura lui qu’à télécharger le jeu sans frais. Un fonctionnement assurément honnête qui rend d’autant plus triste que le sympathique concept du jeu ne fonctionne pas mieux et qu’il y ait autant de place pour des améliorations.

Conclusion

N’ayons pas peur des mots : A Way Out est une grosse déception. Nous aurions vraiment voulu écrire que ce titre au concept atypique pouvait séduire aussi bien les gros joueurs (qui finalement vont complètement s’ennuyer) que les néophytes du jeu vidéo (qui vont à raison préférer retourner faire autre chose) sur un canapé ou en ligne, mais la vérité est que gameplay comme scénario ne fonctionnent pas assez bien pour pouvoir sincèrement recommander le jeu.

Quitte à faire un bon jeu coopératif qui propose une expérience aussi divertissante qu’inventive, préférez plutôt le classique Portal 2. Et si vous êtes vraiment à la recherche d’une histoire d’évasion de prison qui fonctionne, regardez plutôt The Shawshank Redemption ou même la première saison de Prison Break. Si vous tenez tant que ça à expérimenter le mélange tiède et poussif de tout ça qu’est A Way Out, attendez des promos et, en attendant, (re)jouez plutôt à Brothers: A Tales of Two Sons

A Way Out est disponible depuis le 23 mars 2018 sur PC (Origin), Xbox One et PS4.

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