En bref
- RoboCop 2014 grimpe sur Paramount+
- Le film est numéro 4 chez FlixPatrol
- Le streaming relance un reboot mal jugé
Le reboot de RoboCop version 2014 est en train de refaire surface là où on ne l’attendait plus vraiment, sur Paramount+. D’après FlixPatrol, le film occupe actuellement la quatrième place du top hebdomadaire des films de la plateforme. Ce n’est pas anodin, surtout quand on voit que le film original de 1987 et ses deux suites sont eux aussi disponibles, sans apparaître dans le top 10.
Un retour discret, mais bien réel sur Paramount+
Ce genre de rebond raconte souvent plus que le simple retour d’un vieux titre au catalogue. Ici, RoboCop réalisé par Jose Padilha, avec Joel Kinnaman, Gary Oldman, Michael Keaton et Abbie Cornish, profite visiblement d’une seconde vie. Pas en salle, pas dans le débat critique, mais dans l’usage le plus concret qui soit, le clic.
Et le contraste est assez parlant. Quand plusieurs films d’une même saga cohabitent sur une plateforme, on pourrait imaginer que la nostalgie pousse d’abord vers l’original. Là, non. C’est le reboot de 2014 qui remonte.
Le poids du film original a longtemps écrasé le reboot
À sa sortie, le film avait reçu des critiques mitigées. Rien de surprenant, au fond. Les reboots de science-fiction vivent presque toujours avec une comparaison impossible à éviter, et RoboCop n’y a pas échappé. Le film de 1987 gardait pour lui une réputation solide, notamment pour son mordant et son côté subversif.
Face à ça, la version 2014 paraît plus droite, plus sèche, parfois même un peu froide. Elle cherche moins l’ironie, davantage l’efficacité. Du coup, beaucoup l’ont jugée d’abord sur ce qu’elle n’était pas, plutôt que sur ce qu’elle proposait vraiment.
Un autre regard sur la même idée de science-fiction
Pourtant, le cœur du récit reste le même. Un policier grièvement blessé devient un cyborg programmé pour faire respecter la loi, avec une frontière de plus en plus floue entre l’homme et la machine. En gros, la même base, mais une autre lecture.
C’est aussi ce qui complique souvent l’évaluation d’un remake de SF. Le genre parle du futur, mais il reste très marqué par son époque. Un film peut donc reprendre une idée connue sans chercher à reproduire exactement le ton, le rythme ou la charge politique du modèle.
Le streaming lui offre enfin ce que la salle ne lui avait pas donné
Ce qui se passe aujourd’hui sur Paramount+ ressemble à une forme de rattrapage. Des spectateurs qui n’ont pas forcément le film de 1987 en tête découvrent ce reboot pour lui-même. Et dans ce cadre-là, les qualités déjà relevées à l’époque, notamment du côté de l’écriture et des interprétations, ressortent sans le poids immédiat de la comparaison.
Bref, le streaming ne réécrit pas un film. Mais il change le contexte dans lequel on le regarde. Et parfois, pour un reboot resté coincé entre héritage trop lourd et attentes mal alignées, ça suffit pour enfin exister seul.