Stellantis dit stop à l’hydrogène : priorité à l’électrique
Faute de conditions favorables, le groupe automobile multinational franco-italo-américain Stellantis abandonne l’hydrogène pour se concentrer sur l’électrique.
Tl;dr
- Stellantis abandonne son projet d’utilitaires à hydrogène, malgré des annonces ambitieuses début 2024.
- Les limites technologiques, les coûts élevés et l’absence d’infrastructures rendent la filière non viable à court terme.
- Comme d’autres constructeurs, Stellantis mise désormais tout sur le véhicule électrique à batterie.
Stellantis renonce à l’hydrogène : un virage industriel majeur
Le constructeur automobile Stellantis, pilier européen et mondial derrière des marques comme Chrysler, Citroën, Fiat, Jeep ou encore Peugeot, vient de tourner la page sur la filière hydrogène. Un revirement brutal, surtout lorsqu’on se souvient qu’en janvier 2024, le groupe promettait encore une flotte entière d’utilitaires équipés de piles à combustible, capables de parcourir jusqu’à 500 km sans émissions directes. Pourtant, c’est bien la réalité industrielle qui s’est imposée.
L’hydrogène : promesse non tenue pour l’automobile
Au cœur de cette décision, trois obstacles majeurs : la très faible densité énergétique du hydrogène, des infrastructures de ravitaillement quasi-inexistantes et des investissements initiaux colossaux. Pour ses modèles phares – comme le Citroën Jumper, le Fiat Ducato ou le Peugeot Boxer – Stellantis avait prévu un démarrage de la production dès l’été 2024 en France et en Pologne. Le plan est désormais enterré. Reste à négocier une sortie délicate avec Symbio, fabricant de piles à combustible dont Stellantis détient un tiers depuis 2023.
Si cette volte-face ne devrait pas affecter les équipes en place – réorientées vers d’autres projets internes –, elle illustre surtout un changement d’ère pour toute une industrie. D’ailleurs, Stellantis n’est pas seul : pionniers du secteur, des groupes comme Toyota, qui avaient longtemps misé sur la pile à combustible avec des modèles comme la Mirai, réduisent aujourd’hui la voilure face au décollage inexorable du véhicule électrique à batterie (BEV). Quelques rares véhicules hydrogène subsistent encore sur certains marchés (Mirai, Nexo, CR-V e-FCEV), mais ils restent anecdotiques comparés au déferlement des BEV.
L’impossible massification de l’hydrogène vert ?
Pourquoi cet échec ? Plusieurs raisons convergent. Pour les experts consultés ces dernières années, produire suffisamment d’hydrogène vert nécessiterait presque de doubler les capacités électriques nationales rien que pour alimenter un parc automobile significatif. À cela s’ajoutent :
- Difficulté à stocker et transporter ce gaz très volatil.
- Dépendance persistante aux méthodes polluantes pour sa production.
- Nécessité d’équiper toutes les stations-service du monde… un chantier titanesque et coûteux.
L’industrie automobile change définitivement de cap
En définitive, alors que l’hydrogène fut longtemps perçu comme le « sésame énergétique propre des transports », ses limites intrinsèques et économiques semblent avoir eu raison de sa promesse. Les constructeurs automobiles entérinent ce constat : la priorité bascule désormais sur l’électrique à batterie. En clair : « L’époque de l’hydrogène pour tous paraît révolue avant même d’avoir commencé réellement. »