En bref
- Strange New Worlds tente la comédie planante
- Une planète rend ivre en respirant
- L’épisode reste drôle, puis se complique
Quand l’Enterprise part en vrille
Voir Starfleet perdre sa tenue, ce n’est pas nouveau. Mais cette fois, Star Trek pousse le curseur assez loin. Dans l’épisode 3 de la saison 4 de Strange New Worlds, intitulé Human Best Friend, la série s’offre une vraie comédie planante, là où on attend d’habitude soit de la SF d’exploration, soit un détour plus classique vers l’humour.
Au départ, l’idée est simple. L’équipage de l’USS Enterprise est rincé. Scotty, joué par Martin Quinn, et Ortegas, incarnée par Melissa Navia, se supportent à peine. Chapel, jouée par Jess Bush, casse des verres au salon du vaisseau. La’An Noonien-Singh, interprétée par Christina Chong, a envie d’en découdre avec tout le monde.
Direction Seznar Grand, une planète où l’air rend ivre rien qu’en le respirant. Détail important, c’est aussi une zone sans technologie, sans écrans, sans scanners et sans téléporteurs. Leur guide local, campé par Dave Foley, ajoute une couche de chaos très assumée.
Une gueule de bois version Starfleet
Le vrai ressort comique arrive après. Toute l’équipe finit saoule, puis se réveille plusieurs jours plus tard sans le moindre souvenir. Résultat ? Des indices absurdes à reconstituer, une ambiance de lendemain de fête, et une navette portée disparue qu’il faut retrouver au plus vite.
Ce qui marche bien, c’est que l’épisode ne joue pas seulement l’ivresse. Il transforme l’Enterprise en terrain de sitcom spatiale. Scotty et Ortegas tentent de remonter le fil pendant que le reste de l’équipage traîne les conséquences de la soirée. Et le détail le plus malin, c’est que le stress intense peut atténuer les effets de l’atmosphère de Seznar Grand.
On pense forcément à une structure de film de soirée qui dérape, version science-fiction. Le décalage est gros, mais il tient.
Le genre improbable qui colle pourtant à la série
Là où d’autres séries Star Trek auraient paru forcées, Strange New Worlds s’en sort mieux, parce qu’elle a déjà pris l’habitude de changer de ton. Après l’épisode façon maison hantée The Griffin Incident et, plus tôt, la parenthèse musicale Subspace Rhapsody, ce nouveau crochet paraît presque logique.
Quelques scènes donnent le ton. Spock, joué par Ethan Peck, reste lucide au point de comprendre qu’il hallucine James Kirk, incarné par Paul Wesley, tout en profitant de cette apparition pour avouer des choses très personnelles. Una Chin-Riley, jouée par Rebecca Romijn, chante « Total Eclipse of the Heart » en klingon. Uhura, incarnée par Celia Rose Gooding, devient encore plus brillante en état d’ivresse. Et Pike, joué par Anson Mount, se retrouve avec un tatouage facial.
Tout n’est pas béton. La logique même de Seznar Grand pose des questions très terre à terre sur ses infrastructures ou la gestion locale de cet air enivrant. Mais l’épisode assume de ne pas s’y arrêter longtemps. Il préfère glisser un twist tardif, un compte à rebours, puis finir sur une idée assez drôle, une équipe de Starfleet forcée de reprendre le travail en pleine gueule de bois. Et ça dit quelque chose de la série, qui teste de plus en plus jusqu’où Star Trek peut étirer son cadre sans le casser.