En bref
- Tarantino démolit Catlow
- Nimoy l’intrigue, puis déçoit
- Un western des années 70 presque oublié
Les années 1970 ont produit des westerns immenses. Et puis il y a Catlow, ce vestige que Quentin Tarantino range carrément parmi les pires. Quand un cinéaste aussi obsédé par le genre sort la sulfateuse, ça dit quelque chose.
Un western des années 70 que Tarantino ne pardonne pas
En 2020, dans un texte publié pour le New Beverly, Tarantino revenait sur plusieurs westerns bien installés dans l’histoire du cinéma. Au milieu de ce panorama, Catlow prenait un tir frontal. Il le présentait comme sa candidature au titre de pire western de studio des années 1970.
Le jugement n’arrive pas de nulle part. Tarantino n’est pas seulement le réalisateur de Pulp Fiction ou Reservoir Dogs, c’est aussi un cinéphile qui adore commenter les films sans adoucir ses mots. Et sur le western, il parle en connaisseur, son plus gros succès au box-office restant Django Unchained.
Dans son résumé au vitriol, il s’en prenait notamment à Yul Brynner, qu’il jugeait au plus bas de sa carrière dans le rôle de Catlow, chef d’un convoi de bétail mêlé à une histoire de bêtes prétendument volées et d’association d’éleveurs cupide.
Le pari Leonard Nimoy ne suffit jamais
Si vous n’avez jamais entendu parler de Catlow, rien de très surprenant. Le film, mis en scène par Sam Wanamaker d’après un roman de 1963 signé Louis L’Amour, suit un marshal, Ben Cowan joué par Richard Crenna, et un tueur à gages, Orville Miller incarné par Leonard Nimoy. Tous deux traquent un vagabond d’après-guerre civile, joué par Yul Brynner, alors qu’il tente de dérober environ 1 840 000 euros (2 millions de dollars) en or fédéral.
Là où le film pouvait intriguer, c’est avec Nimoy. Après Star Trek, ses rôles au cinéma restaient rares, et Tarantino reconnaissait un début de promesse. Il expliquait, en substance, que pendant quelques minutes, Nimoy semblait annoncer un film plus sérieux, parce qu’il était le seul personnage autorisé à paraître vraiment dangereux.
Mais pour lui, ça s’effondre vite. Tarantino écrivait ainsi « À mi-parcours, le personnage de Nimoy perd sa crédibilité, comme tout le reste ». Bref, l’idée était bonne, pas l’exécution.
Quelques miettes de compliments, beaucoup de dégâts
Le plus dur, c’est que Tarantino trouve quand même une petite chose à sauver. Son point haut du film, selon lui, c’est Julián Mateos, acteur espagnol passé notamment par The Hellbenders de Sergio Corbucci.
Pour le reste, le constat est rude. Le point bas, à ses yeux, revient à Jo Ann Pflug, connue de la télévision et vue aussi dans M.A.S.H. de Robert Altman, ici dans le rôle de la sœur supposément mexicaine du personnage de Mateos. Pas mal de sévérité, quand même.
Et c’est presque ironique pour Nimoy. Bien avant Star Trek, il avait déjà fréquenté le western à la télévision, avec Tombstone Territory, mais aussi Bonanza, Rawhide et Gunsmoke. Son retour au genre avait donc un vrai petit intérêt historique. Visiblement, pas assez pour sauver Catlow, aujourd’hui surtout connu pour cette réputation de western raté. Le film reste disponible en DVD sur Amazon.