En bref
- The Blob 1988 a 38 ans aujourd’hui
- Le remake pousse le body horror beaucoup plus loin
- Son échec a stoppé net la franchise
Il y a des films qui deviennent cultes trop tard. The Blob, version 1988, entre pile dans cette catégorie. Sorti le 5 août 1988, le long-métrage de Chuck Russell a depuis gagné une vraie réputation chez les amateurs d’horreur, mais son passage en salles a été trop faible pour lancer la moindre suite.
Un classique de drive-in passé à l’acide
Pour comprendre pourquoi ce remake compte encore, il faut repartir en 1958. Réalisé par Irvin S. Yeaworth Jr., le premier The Blob est un pur produit des séries B américaines de l’époque, avec une petite ville, un météore tombé du ciel et une bande d’ados, parmi lesquels un très jeune Steve McQueen.
Le principe reste simple et très efficace. La créature absorbe tout sur son passage et grossit à mesure qu’elle mange. Le film original a gardé son charme de cinéma de drive-in, mais ses scènes sans monstre tirent parfois en longueur. C’est précisément là que le remake trouve sa raison d’être.
Le remake de 1988 change surtout une chose, la matière
Chuck Russell reprend la base, puis la pousse beaucoup plus loin. On retrouve la météorite, la petite ville et des adolescents au centre du récit, cette fois avec Shawnee Smith, que beaucoup associeront plus tard à la saga Saw. Mais la menace n’a plus du tout la même texture à l’écran.
Dans cette version, le Blob ne se contente pas d’avaler. Il dissout. Et le film vous montre ça sans détour. Le remake assume un body horror sale, visqueux, presque tactile, qui tient encore bien la route aujourd’hui. Une scène marque particulièrement, celle où l’une des victimes est littéralement liquéfiée, avec le travail de maquillage de Tony Gardner.
Même les moments emblématiques sont revus avec plus d’ampleur, notamment l’attaque du cinéma. Le film garde un petit fond de camp des séries B, mais il traite sa créature au sérieux. Clairement, c’est ce mélange qui le rend plus intéressant qu’un simple copier-coller.
Un flop qui a gelé la franchise
Le plus ironique, c’est que The Blob est bien une petite franchise. Le film de 1958 avait eu une suite, Beware! The Blob, sortie en 1972, davantage pensée comme une parodie satirique qu’un vrai prolongement.
La version de 1988, elle, n’a pas eu cette chance. Malgré des critiques plutôt correctes, le film a échoué au box-office avec environ 7 millions d’euros de recettes (8 millions de dollars) pour un budget d’environ 9 millions d’euros (10 millions de dollars). Résultat, pas de suite, alors même que la fin en esquisse une.
C’est là que le film devient intéressant au-delà de son cas. Il montre qu’un remake peut enrichir un matériau connu, le rendre plus dur, plus concret, plus cinégénique, et quand même rater sa rencontre avec le public. Dans l’horreur, ce décalage entre reconnaissance tardive et sanction immédiate du box-office arrive pas mal de fois. Et The Blob reste un très bon exemple.