En bref
- Meta lance Muse, une IA capable d’agir à la place de l’utilisateur : mails, réservations, achats ou formulaires.
- Muse se connecte à de nombreux services et sera disponible sur web, mobile, WhatsApp et bientôt les lunettes Meta.
- Le principal frein reste la confiance, car Muse demande beaucoup d’accès aux données malgré les protections annoncées par Meta.
Meta ne sort pas juste un nouveau chatbot. Avec Muse, le groupe veut une IA agentique capable d’agir à votre place dans vos outils du quotidien, pas seulement de répondre à vos questions. Et là, on parle d’un cran au-dessus en matière de confiance.
Muse veut faire ce que les chatbots promettaient sans le faire
Le principe est simple sur le papier. Muse peut envoyer des mails, réserver un voyage, remplir des formulaires, bâtir un plan, transformer des recettes vues en reel en liste de courses, envoyer des invitations ou même faire des achats. Pour le paiement, Meta s’appuie sur Link by Stripe, avec les protections d’achat de Stripe. Des intégrations avec Shop Pay de Shopify et 1Password doivent suivre. Clairement, l’idée est de dépasser l’ère ChatGPT et ses réponses bien propres, pour passer à une IA qui fait vraiment le sale boulot.
Une IA branchée partout, avec une arrivée sur presque tous les écrans
Pour y arriver, Muse doit se connecter à vos services, un par un. Mail, calendrier, paiements, mais aussi apps de santé, maison connectée, shopping, resto, musique, événements ou fitness. Si un service propose une API publique, Muse peut la relier avec les identifiants fournis par l’utilisateur. S’il n’y a pas d’API, l’agent passe par le navigateur.
Le lancement se fait sur le web via muse.ai, sur iOS, sur Android et dans les discussions WhatsApp. Les lunettes IA de Meta sont aussi au programme. L’accès de base sera gratuit, puis payant selon l’usage, avec une carte bancaire demandée dès le départ. Deux formules arrivent tout de suite, environ 17 euros par mois (20 dollars) pour Power et environ 85 euros (100 dollars) pour Maximum. L’app affichera une jauge d’utilisation et préviendra avant tout passage à la caisse. Pas bête.
Meta promet de cloisonner les données, sans voir mots de passe ni paiements
Sous le capot, Meta explique que Muse tourne sur un ordinateur virtuel dédié, baptisé Muse Secure VM, avec son propre navigateur. Un agent séparé, Sentinel, fonctionne sur la même machine virtuelle mais reste isolé au niveau système. L’entreprise affirme aussi que Muse ne voit ni les mots de passe ni les moyens de paiement, et que les conversations ou données ne partent pas vers ses systèmes publicitaires.
Mais il y a un petit astérisque. Ces promesses techniques ont été détaillées dans une publication plus poussée, et elles devront encore être passées au crible par des experts de la sécurité. Bref, la promesse est là, la preuve solide pas encore.
Le vrai mur, c’est l’historique de Meta sur la vie privée
Le problème, vous le voyez venir. Meta demande plus d’accès que jamais, quelques jours après avoir accepté un accord judiciaire massif de 18 milliards de dollars avec plusieurs États américains sur les dégâts causés aux consommateurs par les réseaux sociaux.
Et l’ardoise est lourde. En 2011, la FTC reprochait déjà à Meta d’avoir exposé des données privées sans accord. En 2019, Facebook écopait d’un règlement record de 5 milliards de dollars pour huit violations liées à la vie privée, avant de se retrouver de nouveau visé par la FTC en 2023. Il y a aussi l’affaire Cambridge Analytica, des mots de passe retrouvés en clair en 2019, les auditions au Congrès, un dossier au Nouveau-Mexique autour des dommages causés aux mineurs, avec une condamnation à 942 millions de dollars, sans oublier des milliers de procédures encore en cours.
Du coup, Meta essaie d’humaniser son agent. On peut lui donner un nom, choisir son avatar, régler son apparence et sa façon de parler. Ça crée du lien, oui. Reste à voir si ça suffira pour rouvrir la porte de votre vie numérique à Meta.