En bref
- Micron a brièvement dépassé Meta et Tesla.
- La pénurie mémoire IA dope la demande.
- Le marché parie sur une hausse durable.
Micron a brièvement valu plus que Meta et Tesla. Pour une boîte que pas mal de gens associaient surtout aux petites cartes mémoire d’une autre époque, le virage est violent.
Enfin de semaine, le titre est un peu redescendu, mais le message restait le même. Micron a terminé la séance avec une capitalisation d’environ 1,27 trillion de dollars, contre environ 1,39 trillion de dollars pour Meta et 1,42 trillion de dollars pour Tesla. Son action a grimpé de plus de 236% en un mois, jusqu’à environ 1132 dollars. Et avant la mi-2026, elle avait passé des années sous les 100 dollars. Oui, la fusée est partie sans prévenir.
La mémoire est devenue le loot le plus rare
Si Wall Street s’emballe, ce n’est pas pour la nostalgie des PC à upgrader. Micron profite surtout de la construction massive de data centers dédiés à l’IA, qui assèche le marché des puces mémoire, en DRAM, en NAND et surtout en HBM.
Un serveur IA demande bien plus de mémoire qu’un laptop. Du coup, des acteurs comme Nvidia, Microsoft, Amazon AWS, Google, Oracle ou encore Meta achètent à grande échelle. Et derrière, tout le reste du secteur stocke aussi, des constructeurs PC comme Dell et HP jusqu’à d’autres fabricants d’appareils. Cette pénurie, déjà surnommée RAMageddon, pourrait durer jusqu’en 2027. Elle commence même à pousser les prix de produits grand public, comme certains appareils Apple ou les consoles Xbox. Pas exactement un détail.
Des chiffres trimestriels qui donnent le vertige
L’autre carburant de cette hype, ce sont les résultats. Sur son troisième trimestre, Micron a annoncé un chiffre d’affaires d’environ 41,45 milliards de dollars, soit quatre fois plus qu’un an plus tôt.
Les profits sont passés d’environ 1,88 milliard de dollars à 28,2 milliards de dollars. Et pour le quatrième trimestre, le groupe vise entre 49 à 51 milliards de dollars de revenus. Forcément, les investisseurs qui cherchent le prochain dossier IA coté en Bourse après Nvidia se sont rués dessus.
Le risque classique du secteur n’a pas disparu
Mais le marché de la mémoire a une sale réputation. Construire de nouvelles capacités prend du temps, coûte très cher, et la demande peut retomber pile au moment où les usines sont prêtes. Résultat, surproduction, chute des prix, et douche froide.
Micron essaie de casser ce vieux cycle avec des accords d’approvisionnement de long terme, notamment avec Nvidia et Anthropic. L’entreprise dit avoir signé 16 accords stratégiques couvrant les data centers, l’auto et le grand public, avec l’idée de transformer son modèle. Chez William Blair, l’analyste Sebastien Naji estime que la demande continue de croître plus vite que l’arrivée de nouvelles capacités, et il juge qu’il existe un potentiel de croissance des bénéfices plus durable grâce à la hausse des prix et à une meilleure visibilité des revenus. Bref, Micron a le vent dans le dos. Reste à voir si ce n’est pas juste un très gros pic de combo.