Mémoire volatile ou non volatile, la différence change tout

RAM, SSD, cache, veille prolongée: derrière ces mots, deux familles de mémoire cohabitent. Et la coupure de courant change tout.

RAM
Image d'illustration. RAM — ADN

En bref

  • La RAM travaille en temps réel et oublie tout lorsque le PC s’éteint.
  • Le SSD stocke durablement vos fichiers, applications et système.
  • Comprendre cette différence permet de mieux lire une fiche technique.

Quand vous lisez 16 Go de mémoire et 512 Go de SSD sur une fiche produit, on parle de deux mondes différents. C’est justement là que pas mal de gens se mélangent, parce que le mot mémoire sert à désigner plusieurs technologies qui n’ont ni le même rôle, ni le même comportement.

Pourquoi votre fiche technique mélange deux réalités ?

La base tient en une ligne. Une mémoire volatile perd ses données quand le courant coupe. Une mémoire non volatile, elle, les garde. C’est pour ça que la RAM d’un ordinateur se vide à l’arrêt, alors que vos fichiers restent bien sagement sur le SSD au redémarrage.

Mais il ne faut pas surinterpréter le terme. La volatilité ne dit rien, à elle seule, sur la vitesse, la capacité ou la fonction exacte d’un composant. En gros, elle répond juste à une question, que reste-t-il quand la machine s’éteint ?

La RAM et le cache vivent tant que la machine respire

Sur un PC portable ou un desktop, les 16 ou 32 Go de RAM annoncés correspondent le plus souvent à de la DRAM. Aujourd’hui, on croise par exemple de la DDR5 sur ordinateur, et de la LPDDR5X sur smartphone. Cette mémoire sert d’espace de travail pendant que les logiciels tournent.

Techniquement, chaque cellule de DRAM stocke un bit avec un condensateur et un transistor. Sauf que la charge électrique fuit avec le temps. Il faut donc rafraîchir en permanence son contenu tant que le système fonctionne. Plus de courant, plus de rafraîchissement, plus de données.

Même quand la forme change, le rôle reste le même. Les puces Ryzen AI Max d’AMD, par exemple, peuvent gérer jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, mais on reste sur de la mémoire de travail temporaire.

À côté, il y a la SRAM, elle aussi volatile. Elle n’a pas besoin du cycle de rafraîchissement de la DRAM tant qu’elle est alimentée, et elle peut être plus rapide. Du coup, on la retrouve dans les caches processeur. Le Ryzen 9 9950X3D d’AMD pousse même le curseur assez loin avec 144 Mo de cache L2 et L3 combinés. Impressionnant, mais minuscule face aux gigaoctets de DRAM.

Le stockage, lui, garde vos données après extinction

La mémoire non volatile sert à conserver ce qui doit survivre à l’arrêt. L’exemple le plus courant, c’est la flash NAND, utilisée dans les SSD, les tablettes, les clés USB ou les cartes mémoire.

Un SSD repose sur deux briques. La mémoire flash, qui conserve les données sans alimentation. Et un contrôleur, qui gère lecture, écriture, correction d’erreurs et répartition des écritures entre cellules pour éviter d’user toujours les mêmes. Que le SSD soit en SATA ou en NVMe, le principe reste le même.

Il existe aussi la flash NOR, plutôt utilisée pour le code que pour les gros fichiers. Elle peut stocker le firmware qui lance le matériel, charge le système d’exploitation et garde d’autres programmes disponibles après extinction. Sur des appareils embarqués, le processeur peut même souvent exécuter ce code directement depuis la puce.

Ce que fait vraiment votre PC quand vous ouvrez une app

Prenez une appli de retouche photo. Au départ, l’application et l’image enregistrée sont sur un stockage non volatile. Quand vous les ouvrez, le système charge ce dont il a besoin dans la DRAM. Puis les caches du processeur gardent au plus près les données sollicitées en boucle. C’est toute la hiérarchie mémoire, et elle bosse en silence.

Les copies temporaires n’ont pas besoin de survivre à un arrêt normal. Ce qui compte, c’est que vos modifications finissent enregistrées sur le stockage non volatile.

La veille prolongée le montre très bien. Windows peut écrire le contenu de la mémoire volatile dans un fichier d’hibernation sur le stockage, puis couper la DRAM. Au retour, Windows relit ce fichier et restaure la session. Rien à voir avec la veille simple, où la session reste en RAM et saute si l’alimentation disparaît. Voilà pourquoi 16 Go de mémoire et 512 Go de SSD ne racontent pas la même histoire.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

X LinkedIn Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Mémoire RAM SSD

Lisez Begeek en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.

Begeek · 06 Sep · 8h00

Tweet.app : le nouveau visage de Twitter.now

La plateforme lancée sous Twitter.now change déjà de nom après une première décision de justice. Mais elle garde un vrai morceau de l’héritage Twitter.