En bref
- Donald Trump annonce une « AI Force » et un « AI Czar », mais leurs missions restent encore floues.
- L’IA devient un sujet politique très conflictuel, notamment autour de sa régulation et des data centers.
- Le débat oppose plusieurs visions des risques de l’IA, entre ceux qui alertent sur des dangers majeurs et ceux qui dénoncent ces craintes comme excessives.
Donald Trump promet de créer une AI Force et de nommer bientôt un AI Czar. Le plus frappant, c’est que personne ne sait encore à quoi serviront exactement ces deux nouveautés. Même flou que souvent, mais l’annonce est là, et elle suffit déjà à remettre de l’huile sur un débat qui chauffe très fort.
Une AI Force sortie du chapeau
Sur Truth Social, le président des États-Unis a expliqué qu’il allait protéger l’industrie de l’IA, l’aider et la surveiller pendant sa croissance. Dans la foulée, il a dit vouloir lancer une AI Force, en la rapprochant de la Space Force créée durant son premier mandat. Il a aussi assuré qu’il annoncerait prochainement un AI Czar, avec cette formule fidèle au personnage : « Seules les personnes au QI élevé sont invitées à postuler ».
Problème, aucun détail n’a suivi sur les missions de cette force ou de ce futur responsable. Et ce vide compte. D’autant que David Sacks, ancien responsable IA et crypto de Donald Trump, a quitté ce poste plus tôt cette année pour coprésider le President’s Council of Advisors on Science and Technology.
Le débat sur l’IA transformé en guerre politique
Là où ça devient très politique, c’est dans la manière dont Trump présente les critiques. Il affirme que les tentatives de freiner, voire de détruire l’IA, font partie d’une longue série de canulars démocrates. Il range aussi dans ce récit les attaques visant les data centers, qu’il décrit comme bénéfiques pour les communautés parce qu’ils apportent richesse et prestige.
Mais il n’a avancé aucune preuve pour montrer que la méfiance envers l’IA ou les centres de données serait artificielle. Et ce point n’est pas anodin. Des élus républicains comme démocrates ont déjà ciblé les data centers, tandis que New York est devenu le premier État à suspendre les permis pour de grands projets.
Même tonalité lors d’un tournoi de golf le week-end dernier. Trump disait alors rester ouvert à des garde-fous, tout en estimant que des forces négatives alimentaient ce débat sans légitimité. Bref, ouverture affichée, suspicion totale derrière.
Un nouveau nom pour l’IA, comme si le fond pouvait attendre
Au milieu de tout ça, Trump a aussi lancé un sondage pour rebaptiser l’IA. Selon lui, l’expression Artificial Intelligence serait inexacte et peu élégante. Trois options ont été proposées à ses abonnés, Superior Intelligence, Supreme Intelligence et Extreme Intelligence. Le vote était encore en cours.
C’est très trumpien. Le débat sur la régulation part dans tous les sens, et lui choisit aussi le terrain du branding.
Pendant ce temps, l’industrie se déchire sur les vrais risques
Cette sortie arrive alors que la discussion sur la sécurité de l’IA s’est durcie. Un chercheur a quitté Anthropic en expliquant que les grandes entreprises du secteur croyaient sincèrement que cette technologie pouvait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie et qu’elles jouaient avec nos vies. Ensuite, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a proposé un plan pour ralentir la frontière technologique, une approche qui semblait soutenue par Sam Altman et Elon Musk.
En face, d’autres critiques jugent que cette menace existentielle sert surtout à détourner l’attention des dégâts plus immédiats. Et sur scène, au All-In Summit, Jensen Huang de Nvidia a repris la ligne de Trump, parlant d’un canular et assurant qu’ils ne laisseraient pas de ralentissement s’installer. Clairement, la guerre de l’IA ne se joue plus seulement dans les labos.