En bref
- Roblox lance Build, un outil d’IA qui permet de créer des jeux depuis un simple prompt, sans coder.
- La plateforme veut accélérer la création tout en évitant une avalanche de contenus générés automatiquement.
- Roblox mise sur l’IA pour transformer la création de jeux, avec un déploiement progressif et de nouveaux outils à venir.
Rendre la création de jeux presque instantanée, c’est le pari de Roblox. Et forcément, sur une plateforme déjà remplie jusqu’au plafond, l’idée intrigue autant qu’elle crispe.
Créer un jeu depuis son téléphone, sans coder
Le nouveau venu s’appelle Build. Son principe est limpide, vous tapez une consigne en langage naturel depuis l’appli mobile, et Roblox génère une première version d’un jeu. L’exemple donné par l’entreprise parle d’un jeu d’aventure cosy dans une forêt dense. Derrière, l’utilisateur peut modifier le résultat puis le partager avec ses amis. Simple. Presque trop simple.
Ce qui frappe, c’est l’ampleur de ce que l’outil prend en charge. Gameplay, personnages, environnement, style visuel, son, et le reste. Roblox explique s’appuyer sur un ensemble large de modèles d’IA, à la fois open source et propriétaires. En gros, le téléphone devient une petite usine à prototypes.
Le vieux débat revient, avec une plateforme déjà saturée
Le problème, vous le voyez venir. Des groupes comme Google, Microsoft ou Tencent ont déjà poussé des outils du même genre, et les critiques sont toujours les mêmes. Si créer un jeu se résume à écrire trois lignes, la porte s’ouvre à une masse de productions répétitives, vite faites, vite oubliées.
Et pour les créateurs déjà installés sur Roblox, ça change la donne. Ils ne se battent plus seulement contre d’autres développeurs, mais aussi contre des contenus générés en série, à une vitesse qu’aucune équipe humaine ne peut suivre. Ce malaise se retrouve d’ailleurs dans l’enquête State of the Game Industry de la Game Developers Conference, où 52% des professionnels interrogés jugent que l’IA générative a un impact négatif sur le secteur. Ce chiffre pique.
Roblox promet un filtre simple, seuls les jeux vraiment joués remonteront
Pour calmer le jeu, Roblox promet de traiter ces créations comme les autres. Leur visibilité dépendra de la rétention des joueurs. Si personne n’y joue, elles ne remonteront pas sur la page d’accueil ni dans les systèmes de découverte.
L’entreprise insiste sur un point, ses algorithmes sont pensés pour mettre en avant les expériences capables de garder les joueurs sur la durée, pas ce qu’elle qualifie elle-même de « bouillie IA ». Le message est clair, Build doit accélérer la création, pas noyer la plateforme sous des coquilles vides.
Un test très encadré, puis d’autres outils IA arrivent
Le lancement va se faire par étapes. Build entrera en alpha publique le 28 juillet 2026, en Nouvelle-Zélande seulement, pour les utilisateurs de 9 ans et plus ayant vérifié leur âge. Ceux de 16 ans et plus pourront publier leurs créations pour un public mondial. Une version basique sera gratuite, avec aussi des options payantes.
Mais ce n’est qu’un morceau du plan. Roblox travaille aussi sur des agents IA pour aider au playtest et à l’analyse, attendus dans les prochains mois. Il y a déjà un modèle de fondation pour générer des assets 3D, un chatbot d’assistance pour les développeurs, et un nouveau modèle de génération de scènes capable de produire des environnements 3D entiers, modifiables et jouables, à partir d’un seul prompt. Petit détail au passage, cette annonce tombe juste après la décision d’arrêter Roblox Connect, la fonction d’appel vidéo avec avatars lancée en 2023. D’un côté on coupe, de l’autre on pousse l’IA à fond.