L’épisode unique où Superman, l’Ange de Metropolis a fait revivre un personnage interdit

Image d'illustration. Superman, l'Ange de MetropolisKids' WB / PR-ADN
Dans un épisode unique, Superman, l'Ange de Metropolis a intégré un personnage controversé, normalement interdit d’écran. Cette exception soulève des questions sur la manière dont les créateurs ont contourné les restrictions pour enrichir l’intrigue.
Tl;dr
- Krypto interdit dans « Superman, l’Ange de Metropolis ».
- Règle stricte imposée par Bruce Timm.
- Krypto n’apparaît qu’en caméo dans le pilote.
Des règles strictes dès la conception
Dans l’univers de l’animation américaine des années 1990, certaines contraintes s’imposent d’emblée aux créateurs. Pour Bruce Timm, figure centrale derrière « Batman, la série animée », établir des règles était presque un réflexe professionnel. Avec son équipe, il bannissait tout ce qui relevait des aliens, des fantômes ou encore des discours trop engagés. Lorsqu’il se lance sur « Superman, l’Ange de Metropolis », ces principes se déplacent : cette fois, c’est le chien Krypto qui est rayé de la carte.
Krypto, persona non grata à Metropolis
Le choix peut surprendre, surtout quand on connaît la popularité de ce compagnon à quatre pattes dans l’univers DC. Apparu pour la première fois en 1955 dans les pages d’« Adventure Comics », Krypto a traversé les décennies et s’est même taillé une place dans des séries récentes comme Smallville, Titans, ou plus récemment dans le film de James Gunn. Pourtant, pour Timm, l’inclusion du super-chien aurait ouvert une porte qu’il refusait obstinément d’entrouvrir. Selon lui, glisser Krypto à l’écran risquait d’entraîner toute une galerie d’animaux dotés de pouvoirs – imagine-t-on vraiment Super-Singe ou Super-Souris rejoindre les rangs ?
L’ombre du super-chien plane sur la série
Au fil de sa diffusion dès 1996, « Superman, l’Ange de Metropolis » n’a donc jamais offert plus qu’un simple clin d’œil à Krypto : une apparition furtive au début du tout premier épisode où l’on aperçoit le jeune Kal-El jouant avec un chiot blanc sur Krypton. Mais c’est tout. Même lorsque le scénariste chevronné Paul Dini, grand amateur de Krypto depuis l’enfance (« J’ai passé une semaine à assembler un kit Superboy et Krypto étant gamin… »), propose une intrigue centrée sur ce personnage canin, il se heurte à un refus catégorique : « C’est hors de question ! On ne mettra pas Krypto ! ». Les règles fixées par Timm resteront inébranlables jusqu’au bout.
Krypto ailleurs… mais pas ici
La logique reste la même au fil des spin-offs animés tels que « Justice League Unlimited ». Si Krypto s’accorde un passage express dans le numéro 40 du comic associé « Superman Adventures » ou bénéficie plus tard de sa propre série animée entre 2005 et 2007, l’univers animé principal lui demeure fermé. Dini lui-même finit par admettre que cet attachement à Krypto relevait surtout de la nostalgie et que l’intégrer pleinement n’aurait rien apporté sur la durée.
On retiendra donc que si certains héros peuvent voyager entre planches et écrans, tous ne franchissent pas forcément le seuil des adaptations majeures — même quand ils ont quatre pattes et un costume rouge.