Le seul film de super-héros réalisé par Spielberg en live-action, porté par Antonio Banderas, est tombé dans l’oubli

Image d'illustration. The Mask of ZorroAmblin Entertainment / PR-ADN
Bien que Steven Spielberg soit rarement associé aux films de super-héros, il a pourtant produit un unique projet du genre en prise de vues réelles : un film avec Antonio Banderas, aujourd’hui largement tombé dans l’oubli.
Tl;dr
- Spielberg impliqué dans « The Mask of Zorro ».
- Il a influencé le casting et le scénario final.
- Zorro, précurseur du super-héros moderne.
Un réalisateur à l’ombre du masque
Presque trente ans après sa sortie, « The Mask of Zorro » s’impose comme un jalon singulier dans la filmographie de Steven Spielberg. S’il n’a pas tenu la caméra pour ce film, son empreinte y demeure indéniable. Ce western d’aventure, salué pour ses cascades entièrement réalisées en prises de vue réelles, illustre une époque charnière où les super-héros s’apprêtaient à conquérir Hollywood. Mais derrière la flamboyance du justicier masqué, c’est un hommage subtil aux racines du genre que l’on devine.
Zorro : avant-garde du super-héros
Difficile aujourd’hui d’imaginer l’influence discrète mais profonde de Zorro, alias Don Diego de la Vega, sur l’univers des super-héros. Pour mémoire, le co-créateur de Superman, Jerry Siegel, ainsi que Bob Kane, père de Batman, ont tous deux reconnu s’être inspirés du chevalier masqué pour façonner leurs propres icônes. Même l’origine tragique de Batman est longtemps liée à une projection de Zorro – une tradition cinématographique revisitée seulement avec « Batman Begins » par Christopher Nolan. Ainsi, « The Mask of Zorro », porté à l’écran grâce à la ténacité de Spielberg producteur, s’inscrit dans la filiation directe de ces mythes modernes.
L’empreinte Spielberg : entre inspiration et décision
Initialement pressenti pour réaliser lui-même le film – lui qui voue une passion ancienne aux serials d’aventures – Spielberg reste finalement producteur exécutif. Cependant, son implication ne se limite pas à la supervision : on lui doit plusieurs choix décisifs lors du développement. Parmi eux :
- Le désir initial de confier le rôle-titre à Tom Cruise ;
- L’insistance d’un casting mettant en avant des acteurs latino-américains sous l’impulsion du réalisateur Mikael Salomon ;
- L’arrivée remarquée de Catherine Zeta-Jones, repérée par Spielberg après un téléfilm consacré au Titanic.
On raconte même qu’après des projections-tests peu concluantes, c’est lui qui suggère un nouveau final : une séquence familiale réunissant Zorro (Antonio Banderas), Elena (Catherine Zeta-Jones) et leur enfant. L’idée, résolument spielbergienne, confère à l’œuvre cette note d’espoir caractéristique.
Entre hommage et modernité
Pourtant absent de la réalisation purement dite – il s’est aventuré dans tant d’autres genres majeurs du cinéma –, Spielberg aura apporté sa sensibilité populaire et son amour des classiques à ce projet singulier. Aux côtés d’autres créations proches de la bande dessinée (« Tintin », « Freakazoid! »), « The Mask of Zorro » demeure aujourd’hui encore le seul véritable film live-action de super-héros auquel il ait prêté main forte. Un détour inattendu pour ce géant du septième art qui n’a jamais caché sa fascination pour les légendes populaires… ni ses hésitations face aux capes et masques modernes.