Le seul film de Clint Eastwood à recevoir une étoile d’Ebert fut aussi un échec retentissant

Image d'illustration. Pink CadillacPink Cadillac / PR-ADN
Parmi la filmographie de Clint Eastwood, un seul de ses films a reçu la note d’une étoile du critique Roger Ebert, marquant un échec notable tant auprès de la critique que du public lors de sa sortie en salle.
Tl;dr
- Ebert déteste « Pink Cadillac », note une étoile.
- Traitement maladroit du racisme jugé choquant par Ebert.
- Eastwood et Peters sans alchimie ni crédibilité.
Un film mal reçu, une critique sans appel
En 1989, alors que le cinéma américain vibrait au rythme du « Batman » de Tim Burton, une autre sortie passait presque inaperçue : « Pink Cadillac ». Cette comédie d’action portée par Clint Eastwood – qui incarnait ici un chasseur de primes dissimulé sous d’étonnants déguisements – n’aura pas marqué les esprits. Pourtant, l’acteur-réalisateur est loin d’être un inconnu pour le célèbre critique Roger Ebert, souvent admiratif de ses performances. Mais cette fois, la sentence est tombée : une unique étoile, soit l’une des pires notes jamais attribuées à une œuvre d’Eastwood.
L’inconfort devant la légèreté déplacée
Si la comédie pouvait séduire sur le papier – course-poursuite pour retrouver un butin caché dans une voiture rose, entre deux fugitifs campés par Eastwood et Bernadette Peters –, c’est surtout l’approche des thèmes de fond qui a hérissé le poil d’Ebert. Au cœur du film, un gang de suprématistes blancs pourchasse le duo principal, mais le ton oscillant entre farce et thriller laisse perplexe. Le critique s’interroge ainsi : « Personne ne semble avoir réfléchi à la pertinence d’introduire la charge émotionnelle du racisme dans une histoire aussi légère – même si les racistes sont présentés comme des méchants. »
Ebert face à l’indécence du propos
Pour Ebert, le mélange des genres vire rapidement au malaise. Il relève avec insistance que faire des criminels racistes l’objet de blagues relève du mauvais goût : le traitement du racisme, à ses yeux, frôle l’irresponsabilité. Les scènes où les antagonistes multiplient les injures et clichés sont jugées aussi gênantes qu’injustifiables dans un tel contexte : « L’offensivité de ces mots devrait être prise en compte et ne pas être lancée à la légère. »
Une alchimie absente et quelques moments involontairement drôles
Peu convaincu également par la relation entre les personnages principaux, le critique pointe une absence totale de complicité : Ebert regrette que ni Eastwood ni Peters ne parviennent à instaurer une dynamique crédible ou touchante. Le scénario, aux ficelles usées, finit de noyer toute tentative d’émotion ou de suspense. Parmi les rares séquences mémorables – presque anecdotiques –, la brève apparition d’un jeune Jim Carrey, croisant le regard glacial d’Eastwood, amuse à peine. Pour Ebert comme pour le public, il s’agit davantage d’un naufrage cinématographique où l’on rit (jaune) aux dépens du film lui-même.
« Pink Cadillac » restera surtout comme un exemple frappant de maladresse lorsqu’il s’agit de traiter à la légère des sujets aussi graves que le racisme.