En bref
- Deathstroke devait tuer Jim Gordon
- Batgirl aurait traqué le meurtrier de son père
- Le film visait un ton très noir
Tuer Jim Gordon, ce n’est pas un simple twist. Dans le Batman abandonné de Ben Affleck, c’était visiblement l’un des pivots dramatiques du film, avec Deathstroke en moteur d’une vengeance pensée pour broyer la vie de Bruce Wayne, pas juste lui casser des os.
Un Batman pensé comme une démolition intime
Le projet devait mettre Joe Manganiello au centre en Slade Wilson, alias Deathstroke. L’idée, déjà connue en partie, était celle d’une offensive méthodique contre Bruce Wayne. Un film de siège, presque. Manganiello explique aussi que l’ensemble regardait du côté de The Game de David Fincher, ce qui dit pas mal de la direction choisie, plus psychologique que spectaculaire.
Et c’est là que la mort de Gordon, incarné par J.K. Simmons, change l’échelle du récit. On ne parle plus d’un vilain de plus dans Gotham. On parle d’un ennemi qui frappe le cœur moral de l’univers Batman.
La mort de Gordon change tout pour Batgirl
La présence de Barbara Gordon, donc Batgirl, devient tout de suite plus claire. Si Deathstroke tue son père, elle n’est pas là pour faire de la figuration. Elle a une raison frontale de participer à la chasse.
Le film devait d’ailleurs contenir une grosse scène en son milieu, où Batman et Batgirl frôlaient la mort avant de s’échapper par un train aérien. Bon, ça ressemble au genre de set piece qu’on imagine très bien sur le papier, mais ici elle servait surtout un enjeu émotionnel précis. Pas juste du mouvement.
Le futur film Batgirl, lui, a ensuite été repensé pour s’adapter aux virages de l’univers DC, avec Michael Keaton à la place de Ben Affleck. Du coup, impossible de savoir si ce Batman aurait servi d’origine à Batgirl ou si un solo devait encore raconter cela à part.
Le lien direct avec Justice League
Ce scénario n’était pas hors sol. Simmons avait déjà joué Gordon dans Justice League, et Slade y rencontrait Lex Luthor, joué par Jesse Eisenberg, sur un yacht.
Dans Zack Snyder’s Justice League, cette scène préparait clairement la suite, puisque Lex y donnait à Slade l’identité secrète de Batman. La version cinéma sortie en salles partait ailleurs, avec l’idée d’une « ligue à eux ». Une piste abandonnée, elle aussi.
Pourquoi ce choix aurait autant pesé
Jim Gordon n’est pas un second rôle interchangeable. Dans les comics comme chez Frank Miller, ou dans les films de Christopher Nolan, il est souvent la boussole de Batman. On peut même voir Gordon comme le vrai centre de Batman: Year One.
Mais ce choix n’est pas resté théorique. Dans Absolute Batman de Scott Snyder et Nick Dragotta, Gordon meurt après une scène sur un toit sabotée par l’Épouvantail, et Batman se retrouve accusé. Barbara, elle, finit par douter de cette version et devient « la Chauve-Souris » avec un casque de Bruce et le trench de son père.
Scott Snyder a expliqué sur le podcast ComicPop Returns qu’il n’avait pas de rôle plus juste pour Jim que de lui donner ses plus grands moments tout de suite, puis de montrer à quel point sa perte est dévastatrice. C’est rude, mais la logique se tient. Et elle aurait sans doute guidé le film de Affleck aussi. Ce qui manque ici, ce n’est pas seulement un blockbuster de plus. C’est une version de Batman qui semblait avoir compris qu’un mythe se blesse mieux par ses alliés que par ses gadgets.