La conclusion de Le Réveil de la momie par Lee Cronin échoue à cause d’un unique élément

Image d'illustration. Le Réveil de la momieWarner Bros. Pictures / PR-ADN
Le dénouement du film Le Réveil de la momie, réalisé par Lee Cronin, suscite la controverse. Une raison principale expliquerait pourquoi la conclusion de cette adaptation ne parvient pas à convaincre ni à satisfaire les attentes du public et des critiques.
Tl;dr
- Un épilogue jugé inutile et malvenu.
- L’aspect raciste du film questionne.
- La violence visuelle surpasse l’histoire.
Un final sanglant pour un film à la structure classique
Difficile de sortir indemne de « Le Réveil de la momie » de Lee Cronin. Dès les premières minutes, le spectateur est prévenu : le métrage s’impose par une surenchère de gore, multipliant les scènes d’horreur corporelle rarement vues à ce niveau. Les moments de répulsion s’enchaînent, du supplice des ongles à l’étrange embrocation au fluide d’embaumement – il vaut mieux éviter toute collation durant la projection. Pourtant, derrière cette débauche visuelle, le scénario réemploie une trame éprouvée : celle du « démon égyptien » qui prend possession d’une victime innocente.
L’intrigue : possession et héritage maudit
Au cœur de l’histoire, on suit une famille américaine bouleversée par le retour inattendu de leur fille Katie, disparue depuis huit ans et retrouvée enveloppée de bandelettes dans un sarcophage. Rapidement, il devient évident que la jeune fille a servi d’hôte à une entité malveillante. Derrière ce drame familial se cache la figure mystérieuse du « Magicien » (Hayat Kamille), héritière d’une tradition consistant à confiner le démon dans différents corps au fil des générations. L’enquête menée par l’officier égyptienne Zaki (May Calamawy) aboutit à une confrontation brutale : le Magicien finit criblé de balles. À ce stade, tout laissait penser que justice était rendue.
Un épilogue controversé et maladroit
Mais c’est là que le film déraille. Alors que le père, Charlie, s’était sacrifié pour sauver sa fille en accueillant le démon en lui – conclusion sombre, mais cohérente –, une dernière scène vient bouleverser l’équilibre narratif. Selon des informations relayées par The Hollywood Reporter, cet épilogue n’était pas prévu initialement ; il aurait été ajouté suite à des retours négatifs lors des projections-tests. Le résultat ? Un passage où, dans un hôpital-prison égyptien, Charlie et sa femme font transférer le démon dans le corps du Magicien encore vivant, sous l’œil complice de la détective Zaki.
Voici les effets de cet ajout :
- Dédouanement inutile du héros : Le sacrifice paternel perd son sens.
- Punition redondante : Le Magicien subit un second châtiment brutal.
- Biais racial implicite : La figure égyptienne reste diabolisée jusqu’à la fin.
Malaise sur fond d’exotisme orientaliste
Ce choix scénaristique interroge. Au lieu de clore l’histoire sur un acte héroïque et tragique, le film préfère sauver le personnage blanc tout en condamnant une fois encore celui qui incarne l’« Autre ». Une répétition de clichés que nombre d’adaptations du mythe de la momie n’ont jamais vraiment su éviter – entre démons millénaires, rituels occultes et diabolisation systématique de figures venues d’Égypte. Au final, derrière ses oripeaux sanglants, « La Momie » laisse donc surtout planer un goût amer : celui d’une tradition hollywoodienne qui peine décidément à se renouveler.