Intel taille dans ses effectifs pour relancer sa compétitivité

Image d'illustration. IntelADN
Le géant des semi-conducteurs annonce une baisse drastique de ses effectifs pour réduire ses coûts.
Tl;dr
- Intel annonce un plan de réduction massif de ses effectifs, passant de 108.900 salariés à 75.000 d’ici fin 2025.
- La société de Lip-Bu Tan vise à ramener ses dépenses opérationnelles à 17 milliards en 2025, puis 16 milliards en 2026, via un recentrage stratégique.
- Plusieurs projets industriels sont annulés ou ralentis, notamment en Allemagne, en Pologne et dans l’Ohio, avec un regroupement d’activités en Asie.
Intel serre la vis sur l’emploi et revoit ses ambitions à la baisse
Il y a quelques mois, les rumeurs enflaient déjà autour d’une restructuration massive chez Intel. Désormais, le géant américain des semi-conducteurs dévoile officiellement l’ampleur de sa transformation, portée par son nouveau patron Lip-Bu Tan, arrivé en mars pour tenter de redresser la barre après une période financièrement difficile. La trajectoire est claire : assainir les comptes et réorganiser l’entreprise, quitte à tailler dans le vif.
Un effectif réduit d’un tiers d’ici fin 2025
L’annonce fait l’effet d’une douche froide : Intel vise une réduction drastique de ses effectifs, passant de 108.900 salariés fin 2023 à seulement 75.000 employés à l’horizon 2025. On parle donc bien d’une coupe de près de 33%, confirmant les craintes évoquées dès le printemps sur une suppression potentielle d’environ un cinquième des postes.
« Notre performance opérationnelle prouve les premiers progrès réalisés pour améliorer notre exécution et gagner en efficacité », déclare Lip-Bu Tan. Nommé à la tête du groupe après le départ de Pat Gelsinger, il ne cache rien des objectifs fixés : rationaliser à marche forcée.
Baisse des dépenses et recentrage stratégique
Ce vaste plan social s’accompagne d’un objectif budgétaire bien défini. Le fabricant entend ramener ses dépenses opérationnelles hors normes comptables (non-GAAP operating expenses) à 17 milliards de dollars en 2025, puis à seulement 16 milliards en 2026. Un effort qui se traduira également par un recentrage industriel.
Concrètement, voici ce qui va changer dans le paysage industriel d’Intel :
- Abandon de nouveaux projets en Allemagne et en Pologne, pourtant annoncés avec éclat il y a peu.
- Ralentissement du chantier majeur dans l’Ohio, aux États-Unis.
- Regroupement des activités d’assemblage au Costa Rica avec celles existantes au Vietnam et en Malaisie.
Paysage technologique bouleversé ?
Pour l’industrie comme pour les salariés concernés, la nouvelle marque sans doute un tournant. Si certains observateurs saluent la volonté de s’adapter face aux réalités économiques, le rythme imposé par le nouveau dirigeant laisse entrevoir une mutation rapide – mais douloureuse – du géant historique des microprocesseurs. Entre contraintes financières et ambitions technologiques, Intel tente aujourd’hui un pari risqué mais jugé indispensable par sa direction pour rester compétitif sur la scène mondiale.