En bref
- Arrow a débuté il y a 14 ans
- La série a lancé tout l’Arrowverse
- DC a gagné ses plus grands crossovers TV
Il y a des séries qui fonctionnent, et d’autres qui changent la façon de produire la suite. Arrow, lancée le 10 octobre 2012 sur The CW, appartient clairement à la deuxième catégorie.
Avant elle, DC avait bien eu Smallville, énorme succès sur dix saisons. Mais la série restait seule dans son couloir. Des idées de spin-off ont existé, notamment autour d’Aquaman, sans jamais vraiment aboutir. Avec Arrow, la logique bascule, on ne parle plus d’une adaptation isolée, mais d’un univers télévisé capable de se ramifier, de se croiser et de durer.
Une série qui a fait sauter le plafond de verre
Quand Smallville s’arrête en 2011, The CW cherche un remplaçant. Elle trouve Oliver Queen, sans d’ailleurs insister tout de suite sur le nom Green Arrow, un peu comme Clark Kent avait longtemps avancé sans costume. La différence, elle est là. Arrow ne reste pas un bloc fermé.
Au fil des années, l’Arrowverse va s’étendre sur 11 ans. Le socle, ce sont plusieurs séries connectées, avec un prolongement adjacent jusqu’en 2024 grâce à Superman et Lois. Pour la télé DC, c’est beaucoup. Et même, franchement, plus cohérent que pas mal de tentatives cinéma sur la même période.
Oliver Queen, entre île déserte et présent tendu
La force de départ de Arrow, c’était aussi sa forme. La série racontait l’origine d’Oliver Queen en alternant présent et flashbacks, avec une mécanique qui rappelait ouvertement Lost. On le voyait coincé sur une île, puis façonné par ce qu’il y vivait.
Là, il croise Yao Fei, puis s’entraîne auprès de Slade Wilson, qui deviendra plus tard Deathstroke, l’un de ses plus gros ennemis. Dans le présent, il construit sa propre équipe avec John Diggle, garde du corps et allié clé, puis Felicity Smoak, experte IT et future histoire d’amour. En gros, la série trouvait vite sa grammaire.
Le vrai tournant, c’était l’effet domino
Le moment décisif arrive quand Arrow introduit une nouvelle version de The Flash. La suite, vous la connaissez sans doute. The Flash devient la série la plus durable de l’Arrowverse avec neuf saisons, devant les huit de Arrow.
Puis viennent Supergirl sur six saisons, Legends of Tomorrow sur sept, Black Lightning sur quatre et Batwoman sur trois. Autour gravitent aussi Constantine, Stargirl et Superman et Lois. Résultat ? DC tenait enfin un vrai réseau de séries connectées sur le petit écran.
Des crossovers qui visaient très haut
C’est là que l’Arrowverse a vraiment pris une autre dimension. Il n’a pas seulement multiplié les héros, il a tenté plusieurs des récits les plus lourds du catalogue DC. Le plus gros reste « Crisis on Infinite Earths », adaptation du grand choc éditorial des années 1980, avec en bonus des passerelles vers Smallville et la série Flash des années 1990.
Il y a aussi eu « Crisis on Earth-X », souvent cité comme le meilleur crossover, « Invasion », premier vrai carrefour entre toutes les séries, et « Elseworlds », qui préparait directement la crise finale. À côté, The Flash a adapté « Flashpoint » en saison 3, tandis que la saison 5 de Arrow reprenait librement Justice League: Rise and Fall.
Et puis il y a le rendez-vous manqué. Eric Wallace, showrunner de The Flash, a révélé qu’une adaptation de « Blackest Night » était envisagée avant l’arrêt de la franchise. Quand Oliver Queen meurt et que Arrow s’achève en 2020, la fin commence déjà. Mais l’idée reste intéressante, parce qu’elle dit quelque chose de simple, l’ambition de cette télévision-là dépassait souvent ses moyens, et c’est aussi pour ça qu’on s’en souvient encore.