Avec les VIVE Eagle, HTC s’éloigne momentanément des casques de réalité virtuelle qui ont fait la réputation de sa marque VIVE. Le constructeur vise cette fois un produit nettement plus discret : une paire de lunettes connectées capable de prendre des photos, filmer, écouter de la musique ou encore solliciter une intelligence artificielle sans avoir à sortir son smartphone. Un concept qui rappelle forcément les Ray-Ban Meta, devenues la principale référence de cette nouvelle génération de lunettes connectées. HTC arrive toutefois avec un argument sur lequel il insiste particulièrement : la confidentialité.
Des lunettes connectées qui ressemblent avant tout à des lunettes
HTC décline les VIVE Eagle en deux formes de monture, Square et Pantos, avec plusieurs coloris et différentes options de verres ZEISS. On trouve notamment des verres solaires, transparents avec filtrage de la lumière bleue ou photochromiques, ainsi que la possibilité d’adapter la monture à une correction auprès de certains opticiens partenaires. L’ensemble débute autour de 48,5 grammes et bénéficie d’une certification IP54 contre la poussière et les éclaboussures. C’est un point important pour un appareil destiné à être porté plusieurs heures par jour : HTC cherche clairement à faire oublier autant que possible la partie électronique.
Dans les branches se trouvent deux haut-parleurs open-ear et quatre microphones. L’utilisateur peut ainsi écouter de la musique, passer des appels ou dialoguer avec l’assistant tout en continuant à entendre son environnement. La caméra ultra grand-angle de 12 Mpx peut de son côté enregistrer des vidéos jusqu’en 3K. Les lunettes disposent de 32 Go de stockage interne et peuvent enregistrer les photos et vidéos directement sur l’appareil avant leur transfert vers l’application VIVE Connect. Sur le papier, on se retrouve donc très près de la philosophie des Ray-Ban Meta, qui proposent elles aussi la même chose.
L’IA pour traduire, mémoriser et prendre des notes
L’autre pièce maîtresse des VIVE Eagle est évidemment VIVE AI. Une commande « Hey VIVE » permet de poser une question, déclencher une photo ou lancer différentes actions sans toucher aux lunettes. HTC propose aussi un bouton IA configurable pour associer certaines commandes à un simple ou double appui. Les lunettes peuvent notamment traduire un panneau ou un texte observé par la caméra, assurer de la traduction vocale, rechercher des informations ou conserver certaines informations dans une mémoire personnelle.
VIVE AI Notes pousse le concept un peu plus loin avec la possibilité d’enregistrer une conversation ou une réunion, d’en réaliser la transcription, de différencier les interlocuteurs puis d’en générer un résumé. En France, VIVE AI peut également s’appuyer sur des modèles de Google Gemini ou d’OpenAI. Les lunettes peuvent donc servir d’interface physique avec différentes IA plutôt que de reposer sur un assistant maison unique.
Cette dépendance à des services en ligne signifie cependant qu’il ne faut pas confondre « privacy-first » et fonctionnement totalement local : certaines fonctionnalités nécessitent bien un traitement dans le cloud.
La confidentialité comme principale différence face à Meta
C’est précisément sur la manière dont ces données sont traitées que HTC cherche à prendre ses distances avec Meta. Les photos et vidéos sont par défaut enregistrées localement sur les lunettes, tandis que les données de VIVE AI Notes sont annoncées comme chiffrées en AES-256. HTC affirme également que les données personnelles de ses utilisateurs ne sont ni vendues ni utilisées pour entraîner les modèles VIVE AI.
Lorsque certaines requêtes doivent être envoyées à des services d’IA externes, HTC indique procéder à leur désidentification afin de limiter la quantité d’informations personnelles transmises. Le constructeur met également en avant des systèmes certifiés ISO 27001 et ISO 27701 pour la gestion de la sécurité et de la confidentialité des informations.
La protection concerne aussi les personnes autour du porteur. Comme sur les Ray-Ban Meta, une LED (beaucoup plus puissante que celle des Meta) signale lorsqu’une photo ou une vidéo est enregistrée. Les deux constructeurs empêchent également la capture lorsque ce voyant est masqué. HTC ajoute cependant une détection du port des lunettes : la caméra ne peut pas enregistrer si elles ont été retirées. Une option permet même aux personnes filmées de prononcer une commande « Stop » pour interrompre immédiatement l’enregistrement.
Meta protège également la caméra, mais exploite davantage les interactions avec son IA
Présenter les VIVE Eagle comme les seules lunettes préoccupées par la confidentialité serait néanmoins excessif. Meta utilise également une LED de capture et bloque l’enregistrement lorsque celle-ci est masquée. Les photos et vidéos réalisées normalement avec ses lunettes restent également stockées sur les lunettes jusqu’à ce que l’utilisateur décide de les transférer vers son téléphone.
La différence apparaît davantage du côté de l’intelligence artificielle et de l’écosystème auquel elle appartient. Meta indique par exemple que les enregistrements vocaux utilisés avec Meta AI peuvent contribuer à l’entraînement de ses modèles. L’entreprise permet leur suppression, mais précise qu’effacer une donnée ayant déjà participé à l’apprentissage d’un modèle ne modifie pas immédiatement ce dernier. Plus globalement, Meta utilise également certaines interactions avec ses fonctions d’IA comme signal pour personnaliser les recommandations de contenus et de publicités sur ses différentes plateformes, lorsque les comptes concernés sont associés.
HTC adopte donc pour l’instant un positionnement sensiblement différent : faire de la minimisation et de la séparation des données un argument produit à part entière. Ce positionnement arrive d’ailleurs à un moment où les lunettes équipées de caméras font l’objet d’une surveillance croissante. Plusieurs initiatives récentes en Europe ont remis au premier plan la question du consentement des personnes susceptibles d’être filmées par ce type d’appareil.
Une autonomie plus limitée que les Ray-Ban Meta
HTC ne prend cependant pas l’avantage partout. La batterie intégrée de 235 mAh permet jusqu’à environ 4 h 30 d’écoute musicale continue, plus de trois heures d’appel et plus de 36 heures en veille. Une recharge rapide permet de récupérer environ 50 % de batterie en dix minutes. Les Ray-Ban Meta Gen 2 actuellement commercialisées font mieux sur ce point, avec jusqu’à environ huit heures d’utilisation selon Meta et un étui capable de prolonger encore largement leur autonomie. HTC propose néanmoins un petit module VIVE Power Boost qui vient se fixer magnétiquement aux lunettes et ajoute 120 mAh supplémentaires. Il ne pèse que quelques grammes et permet d’utiliser les lunettes pendant leur recharge.
Prix et disponibilité des HTC VIVE Eagle
Les VIVE Eagle sont commercialisées en France au prix conseillé de 469 euros, avec différentes montures et options de verres ZEISS. Le module VIVE Eagle Power Boost est proposé à 49 euros.
Les premières livraisons européennes ont débuté le 21 septembre 2026. HTC inclut également deux années de VIVE AI Pro Plus avec les achats éligibles. À titre de comparaison, les Ray-Ban Meta Gen 2 se trouvent actuellement en France autour de 419 à 499 euros selon la monture et les verres choisis.
HTC ne vient donc pas casser les prix. Les VIVE Eagle se placent directement face aux lunettes de Meta, avec des fonctions photo, audio et IA finalement assez proches. Leur véritable élément différenciant est ailleurs : convaincre que des lunettes capables de voir et d’entendre une partie de notre quotidien peuvent aussi être conçues avec une collecte de données plus limitée.