En bref
- Walton Goggins a subi un maquillage très lourd
- La Goule devait rester humain malgré les prothèses
- Son influence dépasse largement son costume
On pouvait craindre un personnage étouffé par le latex. C’est presque l’inverse qui s’est produit. Dans Fallout, Walton Goggins impose à La Goule une présence assez rare, alors même que son visage disparaît sous un travail de prothèses massif.
Un personnage entre charme et décrépitude
Dans les jeux Fallout, les goules ne forment pas un bloc. Certaines ont basculé dans une violence quasi animale, d’autres ont gardé leur esprit et vivent encore dans les villes de fortune du wasteland. La série de Prime Video reprend cette idée, mais elle pousse un peu plus loin le cas de La Goule.
Ici, le personnage reste reconnaissablement humain, malgré deux siècles d’existence, un corps ravagé et un visage sans nez. Ni héros, ni pur antagoniste. C’est ce qui le rend intéressant. Il peut être calculateur, brutal, puis laisser remonter une part de tragédie. Avant l’apocalypse, il était Cooper Howard, star de western mariée à Barb, employée de Vault-Tec, avec leur fille Janey. L’ouverture de la série le montre au moment où les bombes tombent sur Los Angeles, bien loin du pistolero exhumé 200 ans plus tard.
Le vrai défi, garder le visage de Goggins vivant
Ce look n’a pas été pensé comme un simple gadget de post-apo. Jonathan Nolan, producteur exécutif et réalisateur des trois premiers épisodes, expliquait qu’avec un masque facial complet, il faut protéger l’outil principal de l’acteur, son visage, jusque dans les plus petites variations d’expression.
C’est là qu’interviennent Vincent Van Dyke, chargé du design des prothèses, puis Jacob Garber, maquilleur et chef du département prothèses. Les premiers essais ont été rudes. Lors d’un panel de Deadline, Walton Goggins racontait des sessions initiales de cinq heures, vécues comme quelque chose de très anxiogène. Et ce n’était pas seulement une question de pose, il fallait encore décider ce que le public devait voir de lui.
Chaleur, sueur, dents : le tournage a compliqué le costume
Bon, le plus dur n’était même pas fini. L’équipe a testé des lentilles, avant de les abandonner. Selon Goggins, ses yeux devaient rester visibles parce que c’était eux qui gardaient le personnage humain. Une fois le look validé avec Geneva Robertson-Dworet et Graham Wagner, le tournage a apporté d’autres problèmes, beaucoup plus concrets.
Le premier jour à New York, il faisait 106 degrés, soit environ 41 degrés. Résultat, la sueur coulait à travers les prothèses, jusqu’à sortir sous les yeux. Jonathan Nolan a même cru qu’il pleurait. Puis il y a eu les retainers, ces faux éléments dentaires censés donner à La Goule ses dents jaunies et abîmées. Là, Goggins ne parvenait plus à parler.
Pourquoi Goggins pèse autant dans la série
Il a fini par dompter tout ça. Vers la fin du tournage, le temps de maquillage quotidien était descendu entre 1 h 45 et 2 h 15, et l’acteur maîtrisait enfin ses répliques avec les dents en place.
Mais son apport va plus loin. Sur Late Night with Seth Meyers, il expliquait avoir voulu que le public accepte pleinement cette apparence, avec une référence très précise, « Kris Kristofferson s’il avait 250 ans, traversé le wasteland et bu toute la nuit ». Il a aussi suggéré d’anciens collègues de Justified pour la série. Clairement, Fallout n’aurait sans doute pas eu tout à fait la même couleur sans lui, et ça dit quelque chose de l’avenir des adaptations de jeux vidéo, quand le maquillage sert enfin le jeu au lieu de l’écraser.