En bref
- Deux messages Enigma historiques ont été déchiffrés grâce à des modèles d’IA d’OpenAI et d’Anthropic.
- Il ne resterait plus que sept messages Enigma encore non déchiffrés.
- L’IA a mené des recherches et reproduit le fonctionnement d’Enigma pour résoudre des énigmes qui résistaient depuis des années.
Il ne reste plus grand-chose à casser côté Enigma. Deux messages restés insolubles viennent d’être déchiffrés avec l’aide de modèles de langage de OpenAI et Anthropic, et la pile des énigmes historiques fond d’un coup. Pour un domaine où certains blocages traînaient depuis des années, c’est loin d’être anecdotique.
La liste des messages inviolés rétrécit d’un coup
Le point qui compte, c’est celui-là. Après ces deux percées, Frode Weirerud, ingénieur électricien à la retraite et passionné de cryptologie, indique qu’il ne reste plus que sept messages Enigma non déchiffrés. À cela s’ajoute un cas à part, un message dont le texte en clair est connu, mais dont le code n’a toujours pas été cassé.
On parle donc d’un stock minuscule de messages encore hors d’atteinte. Et vu la vitesse à laquelle ces deux-là sont tombés, la fin de la liste paraît soudain beaucoup moins lointaine.
Astra a bossé comme un cryptanalyste
Le premier exploit vient de Carter Leffen, développeur, qui a demandé au tout nouveau modèle Astra de OpenAI de fouiller une base de messages Enigma pour en trouver un encore non résolu, puis de le décoder. Le modèle y est arrivé.
Pas juste en moulinant au hasard. Il a mené ses propres recherches d’archives, repéré des indices de contexte, construit un simulateur de la machine Enigma, puis reconstitué le texte en clair d’un message qui résistait aux chercheurs depuis 2005. Clairement, on est au-delà du simple chatbot qui autocomplete proprement.
Claude Opus a réussi aussi, mais avec plus de guidage
Quelques jours plus tard, le 21 septembre 2026, un autre cryptanalyste, Jack Willis, a contacté Frode Weirerud pour signaler qu’il avait utilisé Claude Opus 5 d’Anthropic sur un autre message non résolu.
La différence, c’est la méthode. Willis a beaucoup plus orienté le modèle, qui a fini par s’appuyer sur la signature connue du nom d’un officier précis pour ouvrir le message. Le résultat compte tout autant, mais l’autonomie n’est pas la même que chez Astra.
Pourquoi cette percée impressionne autant ?
Frode Weirerud, qui tient le site Crypto Cellar et sa base de messages, a validé la solution de Carter Leffen. Il dit avoir été impressionné, et on le comprend. Il a même écrit à propos d’Astra : « GPT-6 Astra se comporte comme un cryptanalyste et chercheur d’archives très professionnel ».
Le détail qui accroche, c’est aussi ce qu’on voit dans les logs du modèle. Astra y évoque des messages d’archives présents dans une « collection privée » qui n’est pas hébergée par Weirerud. Lui-même ne sait pas encore si le modèle y a réellement accédé. Il avance deux pistes, soit un autre chercheur a mis ces documents quelque part en ligne, soit l’IA est allée fouiller du côté des archives publiques du gouvernement allemand.
Et quand Weirerud explique que ce qu’Astra a accompli en deux jours aurait pris des semaines, voire des mois à un humain, le message passe très bien. Là, l’IA ne fait pas semblant.