En bref
- Anthropic veut donner à ses sept cofondateurs la majorité des droits de vote.
- Leur objectif est de garder le pouvoir même après l’entrée en Bourse.
- Cette gouvernance intervient alors que la valorisation de l’entreprise atteint des niveaux très élevés.
Le vrai sujet, ce n’est pas seulement l’entrée en Bourse. C’est le contrôle. Chez Anthropic, les sept cofondateurs veulent verrouiller le pouvoir avant l’entrée en Bourse, alors même qu’ils ne pèsent qu’assez peu au capital. Et ça change pas mal de choses.
Peu d’actions, beaucoup de pouvoir
D’après The Information, Anthropic cherche à faire valider par ses actionnaires, dans les prochains jours, une structure qui donnerait à Dario Amodei et aux six autres cofondateurs des actions spéciales. Objectif, décrocher ensemble 50,1% des droits de vote sur la plupart des sujets de gouvernance.
Il y a une condition, quand même. Au moins trois des sept fondateurs devraient conserver une participation minimale pour que ce contrôle reste en place. Sur le papier, l’idée est simple, garder la main même une fois l’entreprise cotée.
Un montage connu, mais pas dans cette version
Les actions super-votantes, ce n’est pas une révolution. Mark Zuckerberg a gardé le contrôle de Meta avec ce genre de mécanique. Même logique chez Snap avec Evan Spiegel.
Là où Anthropic sort du lot, c’est sur le format collectif. D’habitude, ce type d’architecture protège un patron ou un duo. Ici, ce sont sept cofondateurs qui veulent partager cette majorité de vote. C’est beaucoup plus rare, et franchement plus révélateur de la culture maison.
Pourquoi Anthropic veut bétonner sa gouvernance ?
Le point clé est là. Chacun des sept cofondateurs détiendrait environ 2% de l’entreprise, y compris Dario Amodei. Pas énorme pour une boîte de cette taille.
En janvier, le CEO avait aussi annoncé qu’il comptait donner 80% de sa fortune, tout en alertant sur un risque de concentration extrême des richesses lié à l’IA, avec des effets potentiellement déstabilisants pour la société. Les nouvelles actions n’apporteraient pas plus de valeur économique. Elles serviraient seulement à préserver le contrôle.
Le conseil d’administration ne sera pas totalement entre leurs mains
Mais tout ne passerait pas directement par eux. Le Long-Term Benefit Trust d’Anthropic continuerait de désigner la majorité du conseil d’administration.
Dans le même temps, les sièges réservés aux fondateurs au board passeraient de deux à trois. Et les salariés recevraient aussi leurs propres actions pour trancher certaines égalités lors des votes. Résultat, une gouvernance verrouillée, mais avec quelques contrepoids.
Une IPO qui s’annonce énorme
Anthropic n’a que cinq ans, et les chiffres donnent le tournis. L’entreprise était valorisée autour de 965 milliards de dollars en mai. Sur le marché secondaire, elle aurait récemment atteint 1,5 trillion de dollars.
Du coup, l’IPO attendue devrait logiquement se caler sur cette nouvelle base. Si ce montage est validé, Anthropic arrivera en Bourse avec une valorisation folle, mais surtout avec des fondateurs déjà installés aux commandes. Le genre de détail qui ne l’est jamais vraiment.