En bref
- Revolut teste au Royaume-Uni le paiement par reconnaissance faciale, sans carte ni téléphone.
- Le système est expérimenté dans quelques cafés londoniens et s’appuie sur le nouveau terminal de paiement Revolut Register.
- Revolut promet une gestion sécurisée des données biométriques, mais le recours au visage pour payer soulève des questions de confiance et de vie privée.
La promesse est simple, presque trop simple, payer sans carte ni téléphone, juste avec son visage. Et c’est précisément pour ça que le test lancé par Revolut au Royaume-Uni risque de faire du bruit. Sur le papier, le parcours de paiement devient plus fluide. Dans la vraie vie, on parle quand même de reconnaissance faciale à la caisse.
Un café, un selfie, et l’addition passe toute seule
Pour l’instant, le dispositif reste très limité. Revolut teste son système Pay with Smile dans quelques cafés Kiss the Hippo à Londres, précisément à Bloomsbury, Soho et Chelsea.
Le principe, lui, tient en une ligne. Un client s’inscrit, son identité est vérifiée à partir des selfies déjà enregistrés au moment de l’ouverture du compte, puis le passage en caisse s’appuie sur cette authentification biométrique. Si vous êtes client Revolut au Royaume-Uni, le test est accessible jusqu’au 26 septembre. Court, ciblé, très concret.
Le vrai terrain de jeu, c’est aussi la caisse de Revolut
Ce pilote ne sert pas seulement à tester une idée futuriste. Il pousse aussi Revolut Register, le nouveau matériel de point de vente de la société pour l’hôtellerie-restauration.
La machine embarque deux écrans et veut regrouper les paiements, la banque et les opérations en salle dans un seul système. Revolut ajoute un argument qui parlera tout de suite aux commerçants, il n’y a pas de frais de traitement sur ce mode de paiement. Bon, on voit bien l’idée, vendre une caisse plus moderne tout en promettant moins de friction au moment d’encaisser.
Revolut promet un cadre fermé pour les données biométriques
Là, forcément, tout se joue sur la confiance. Revolut explique que les données personnelles sont conservées et traitées entièrement dans son propre environnement applicatif, sans partage externe.
L’entreprise ajoute que les empreintes faciales utilisées pour valider une transaction sont supprimées immédiatement une fois la vente confirmée. Elles ne sont pas stockées en boutique par les commerçants. C’est le point clé du discours de Revolut, rassurer avant même que la polémique ne monte.
Pas une première mondiale, et c’est bien là que ça coince
Le plus intéressant, c’est que ce système n’a rien d’une première absolue. Alipay, chez Alibaba, avait déjà lancé Smile to Pay en 2017 dans des KFC de Hong Kong. Et Tencent avait suivi en 2019 avec Frog Pro.
La différence, c’est le contexte. Revolut vend ce test comme un moyen de réduire les frictions qui peuvent faire perdre des ventes. L’argument se tient. Mais la défiance du public envers la biométrie et la reconnaissance faciale, elle, n’a pas disparu. Clairement, payer son café plus vite, c’est séduisant. Le faire avec son visage, c’est une autre histoire.