DuckDuckGo capitalise sur la fatigue autour de l’IA générative

Image d'illustration. DuckDuckGoDuckDuckGo / PR-ADN
Le moteur de recherche axé sur la confidentialité profite d’un regain d’intérêt d’utilisateurs lassés de voir l’intelligence artificielle intégrée par défaut dans les résultats Google.
Tl;dr
- Après les annonces IA de Google I/O 2026, DuckDuckGo a enregistré une forte hausse de téléchargements et de trafic, surtout aux États-Unis.
- Les utilisateurs semblent chercher une alternative plus respectueuse de la confidentialité et moins centrée sur l’IA générative imposée par défaut.
- DuckDuckGo défend une approche basée sur le choix, avec des outils permettant d’activer ou désactiver les fonctionnalités IA selon les préférences des internautes.
Un regain d’intérêt pour DuckDuckGo
Depuis que Google a dévoilé, lors de son événement annuel Google I/O 2026, une stratégie clairement orientée vers l’intelligence artificielle dans la recherche, certains internautes semblent chercher des alternatives. Et cette tendance n’est pas passée inaperçue du côté de DuckDuckGo. L’entreprise, connue pour sa défense de la confidentialité, indique avoir constaté une nette augmentation des installations et du trafic à la suite de la conférence du géant californien.
Des chiffres parlants aux États-Unis
Selon des données partagées par DuckDuckGo, les installations américaines de leur application ont grimpé en moyenne de 18,1% entre le 20 et le 25 mai 2026, avec un pic à 30,5% le dernier jour. Du côté d’iOS, la croissance est encore plus marquée : une progression hebdomadaire moyenne de 33%, atteignant près de 70% le 25 mai 2026. Quant au service noai.duckduckgo.com, qui désactive par défaut toutes les fonctionnalités IA, il a vu ses visites croître de 22,7% sur la même période. Un détail frappe : cette envolée concerne surtout les États-Unis, ce qui laisse penser à une réaction directe aux annonces centrées sur le marché américain.
L’enjeu : l’autonomie face à l’IA générative
L’intégration poussée de l’IA par Google, via des outils comme les AI Overviews, suscite des interrogations chez certains utilisateurs : perte de contrôle, résultats moins pertinents… Comme le résume Gabriel Weinberg, fondateur et PDG de DuckDuckGo : « Google impose l’IA sans possibilité d’y échapper. Au final, la qualité se dégrade ». La société n’est pas fondamentalement opposée à l’IA, qu’elle utilise d’ailleurs dans certaines fonctions maison. Le vrai débat porte sur le droit de choisir : permettre ou non à l’utilisateur d’activer ces options.
Pour illustrer ce besoin d’arbitrage, voici deux exemples cités par Kamyl Bazbaz, responsable communication chez DuckDuckGo :
- Filtre anti-IA images : permet d’exclure les images générées par IA.
- Search Assist : offre des réponses anonymes issues d’une IA, mais optionnelles.
L’insatisfaction gagne-t-elle le grand public ?
Jusqu’ici, les critiques envers l’omniprésence de l’IA générative venaient surtout des éditeurs ou défenseurs de la vie privée. Désormais, un glissement s’opère : ce sont aussi les utilisateurs lambda qui expriment leur lassitude face à la multiplication des résumés automatisés et autres contenus synthétiques. Certes, quelques jours d’emballement ne menacent pas encore l’hégémonie de Google. Mais ce sursaut signale peut-être que tout le monde n’est pas prêt à confier son expérience web à des algorithmes par défaut, loin s’en faut.