Chine : coup de frein brutal aux investissements américains dans la tech

Image d'illustration. ChineADN
Les autorités chinoises ciblent particulièrement l’IA en restreignant fortement l’accès des investisseurs américains aux entreprises locales.
Tl;dr
- La Chine renforce fortement le contrôle des investissements étrangers, notamment américains, en imposant une autorisation obligatoire pour toute prise de participation dans les secteurs technologiques sensibles comme l’intelligence artificielle.
- Le rachat de la startup Manus par Meta pour 2 milliards de dollars a déclenché une réaction des autorités chinoises, qui veulent empêcher les contournements via des délocalisations et des structures à l’étranger.
- Pékin impose désormais des règles strictes aux entreprises locales et s’inscrit dans une escalade des tensions avec les États-Unis, chacun restreignant l’accès aux technologies stratégiques de l’autre.
Renforcement du contrôle sur les investissements étrangers
Les autorités chinoises resserrent désormais l’étau autour des participations américaines dans leur secteur technologique. Cette décision, qui vise particulièrement le domaine de l’intelligence artificielle, impose une autorisation gouvernementale avant toute prise de participation américaine dans des entreprises considérées comme sensibles. La mesure touche aussi bien les startups émergentes que les géants du secteur.
L’affaire Manus, un tournant décisif
C’est l’acquisition controversée de la startup d’IA singapourienne Manus par Meta pour la somme record de 2 milliards de dollars au début de l’année 2026 qui a provoqué un véritable séisme à Pékin. Le rachat a mis en lumière les stratégies utilisées pour contourner la législation chinoise : en l’occurrence, la maison-mère de Manus, Butterfly Effect, initialement fondée en Chine, avait récemment déplacé ses activités à Singapour. Cette manœuvre n’a pas échappé aux régulateurs chinois, qui craignent une multiplication des délocalisations afin d’échapper à tout examen légal.
Directives strictes pour les sociétés technologiques chinoises
Face à cette situation, des instructions fermes ont été transmises par la National Development and Reform Commission (NDRC). Désormais, plusieurs acteurs privés, dont les spécialistes de l’IA Moonshot AI et StepFun, ont reçu l’ordre d’écarter tout financement lié à des investisseurs américains sans validation préalable. Même le groupe derrière TikTok, ByteDance, s’est vu interdire toute cession secondaire d’actions à des fonds US sans aval réglementaire.
Voici ce que prévoit concrètement cette nouvelle orientation :
- Toute entrée au capital ou revente à un investisseur américain requiert une approbation officielle.
- L’objectif affiché est de préserver la souveraineté nationale sur les technologies jugées stratégiques.
- Cela concerne prioritairement l’IA, mais aussi d’autres domaines avancés.
Tensions croissantes entre Pékin et Washington
En toile de fond, cette offensive réglementaire s’inscrit dans un contexte déjà tendu : il ne faut pas oublier que les États-Unis avaient eux-mêmes instauré leurs propres restrictions sur les investissements américains vers les sociétés chinoises spécialisées en IA ou en semi-conducteurs, invoquant eux aussi la préservation de leur « sécurité nationale ». Bref, alors que chaque camp durcit ses positions sur le contrôle des technologies sensibles, investisseurs et entrepreneurs chinois s’interrogent aujourd’hui sur la pérennité de leur modèle et sur l’avenir des collaborations transpacifiques.