En bref
- Lucas voulait montrer un village jawa
- La scène a sauté pour raisons logistiques
- Leur image dans Star Wars aurait changé
Une scène coupée du premier Star Wars aurait pu redéfinir les Jawas. Pas juste ajouter un coin de décor sur Tatooine, non. Elle aurait surtout cassé l’idée devenue presque naturelle avec le temps, celle d’un peuple nomade vivant dans son Sandcrawler.
Une coupe qui change plus qu’un décor
Dans le film sorti en 1977, les Jawas restent des récupérateurs du désert, cachés sous leurs capuches brunes, parlant leur propre langue, et associés à ce gigantesque véhicule métallique rempli de droïdes. On les croise, puis l’Empire les massacre en cherchant deux droïdes précis. Et c’est à peu près tout.
Mais dans une ancienne version imaginée par George Lucas, le Sandcrawler n’était pas leur maison. C’était leur outil de travail. Nuance énorme. Si un village jawa avait été montré à l’écran, toute la lecture de ces personnages aurait changé, avec un ancrage territorial clair, une forme de vie communautaire, presque sociale. Résultat ? Le mystère restait, mais plus tout à fait de la même façon.
La Tunisie avait le lieu, pas la logistique
Le plus intéressant, c’est que cette idée n’était pas théorique. George Lucas avait déjà repéré un lieu en Tunisie, où les scènes désertiques ont été tournées. Il décrivait de petits greniers à céréales de quatre étages, avec de minuscules portes et fenêtres, comme un village de hobbits en version bidonville.
Il racontait ainsi la scène abandonnée : « Les Jawas ressemblent davantage à des récupérateurs, des marchands de bric-à-brac. Nous avions une scène de village jawa dans le film, mais nous ne l’avons pas tournée parce que le lieu était trop éloigné, nous l’avons simplement retirée pour rester dans le budget. »
Le site en question pourrait être Ksar Ouled Soltane, dans le sud de la Tunisie. Très photogénique, très étrange aussi. Sauf qu’il se trouve à environ cinq heures et demie de route du secteur d’Onk Jmal où ont été filmées les séquences de Tatooine. Pour une seule scène, ça faisait trop.
Lucas ne cherchait pas un modèle réel
Autre point, et il compte quand on parle de Star Wars comme univers culturel. Les Jawas n’étaient pas pensés comme une transposition d’un peuple réel. George Lucas disait même l’inverse, de façon assez nette.
Selon lui, ils venaient surtout de THX 1138, son film précédent, avec ces petits êtres souterrains appelés shell dwellers. Il ajoutait aussi que les Wookiees venaient du même imaginaire, et que le mot avait été trouvé par Terry McGovern.
Des Jawas plus mystérieux parce que moins expliqués
Bon, ce retrait dit aussi quelque chose du premier Star Wars. Lucas travaillait d’abord une esthétique, une sensation, plus qu’une cohérence ethnographique. La langue des Jawas, par exemple, a été créée par le designer sonore Ben Burtt sans s’appuyer sur une syntaxe réelle.
Et c’est sans doute pour ça que ces silhouettes minuscules, jamais vraiment expliquées, ont autant marqué. Le film a ensuite grossi jusqu’à devenir une sous-culture entière. Plus récemment, The Mandalorian and Grogu, sorti cette année, n’inclut pas de Jawas. Mais cette vieille scène manquante rappelle une chose, les détails coupés au montage peuvent redessiner un univers pendant des décennies.