CES 2026 : une année noire annoncée pour l’industrie du PC

Image d'illustration. CES 2026Consumer Technology Association / PR-ADN
Au CES 2026, la situation du secteur informatique s’est révélée particulièrement préoccupante. Les acteurs majeurs du PC ont affiché des perspectives moroses, confrontés à une stagnation de l’innovation et à une demande en net repli cette année.
Tl;dr
- Prix de la RAM et des PC en forte hausse.
- Demande de supercalculateurs IA, pénurie généralisée.
- Les consommateurs privilégient l’upgrade partielle.
Des prix qui flambent sous la pression de l’intelligence artificielle
Difficile d’ignorer, lors du dernier CES 2026, la tension palpable dans le secteur des ordinateurs. Les tarifs des nouveaux modèles comme le Dell XPS 14 dépassent désormais les 2 000 dollars, conséquence directe d’un phénomène plus large : la demande insatiable de mémoire par les géants de l’intelligence artificielle. Le marché fait ainsi face à une réalité crue : les composants essentiels s’arrachent et le consommateur lambda en subit déjà les répercussions.
Les témoignages recueillis sur place vont tous dans le même sens. Comme l’a reconnu Wonjin Lee, responsable marketing chez Samsung, lors d’un entretien avec Bloomberg, « les problèmes d’approvisionnement en semiconducteurs vont toucher tout le monde. Les prix montent à vue d’œil ». Derrière ces mots, un constat : la pénurie de RAM s’aggrave à mesure que datacenters et supercalculateurs destinés à l’IA absorbent les stocks mondiaux.
L’IA vorace capte toute la mémoire vive disponible
L’appétit des supercalculateurs ne connaît pas de limite. Les annonces faites au CES par NVIDIA, avec son Vera Rubin AI supercomputer capable de gérer jusqu’à 54 To de RAM, ou par AMD avec le rack Helios (31 To répartis sur ses GPU), donnent la mesure du défi. Alimenter la course aux modèles d’IA générative, c’est détourner une part considérable du marché mondial de la mémoire vive — au détriment des PC grand public.
Face à cette nouvelle donne, certains fabricants peinent à s’adapter. Si le prix du nouveau XPS 14 a bondi à 2 050 dollars (contre une promesse initiale inférieure), ceux du MacBook Pro restent stables pour l’heure — mais jusqu’à quand ? À ce jour, impossible pour les constructeurs interrogés comme Dell ou Acer d’avancer des prévisions rassurantes : ils sont eux-mêmes tributaires d’une offre volatile.
L’utilisateur contraint à revoir ses priorités
Devant cette envolée tarifaire, la tendance se confirme : plutôt que renouveler entièrement leur configuration, les consommateurs privilégient les mises à niveau par petites touches. Selon David McAfee, vice-président chez AMD, cette stratégie devrait s’accentuer en 2026. L’avantage des plateformes AM4 et AM5 réside justement dans leur compatibilité avec divers processeurs récents sans exiger l’achat immédiat de nouvelles barrettes mémoire.
Dans ce contexte incertain, plusieurs éléments ressortent :
- Pénurie persistante de DRAM : chaque appareil électronique doté de mémoire est impacté.
- Sauts de prix spectaculaires : les modèles entrée de gamme atteignent désormais des niveaux autrefois réservés au haut de gamme.
- Marge d’adaptation réduite : ni fabricants ni utilisateurs ne semblent avoir prise sur une dynamique dictée par l’IA.
Bref aperçu sur l’avenir immédiat du marché informatique
Selon certains acteurs industriels, comme McAfee, on pourrait espérer une relative accalmie dans les prochains mois – sans réelle garantie cependant. Ce qui est sûr ? L’année qui débute s’annonce particulièrement rude pour quiconque souhaite investir dans un nouvel ordinateur ou tout appareil nécessitant beaucoup de mémoire. Plus que jamais, la voracité technologique des entreprises spécialisées en IA pèse sur le quotidien numérique du grand public… et promet bien des maux de tête budgétaires.