En bref
- Blade a eu une série TV en 2006
- Wesley Snipes n’y participait pas
- Annulation après une seule saison
Avant que Marvel ne règne au cinéma, Blade avait déjà ouvert une brèche. C’est ce qui rend sa parenthèse télé presque plus étrange encore. Le film de 1998, porté par Wesley Snipes et écrit par David S. Goyer, arrivait au moment où le film de super-héros sortait d’une sale passe après Batman et Robin. Violent, stylisé, très années 90, il avait prouvé qu’une adaptation de comics pouvait être sérieuse sans devenir raide.
Avant le MCU, Blade comptait déjà énormément
La suite, vous la connaissez peut-être moins bien. David S. Goyer a aussi écrit Blade II puis Blade: Trinity, deux suites moins bien reçues que le premier film, même si le deuxième a mieux marché au box-office que l’original. Malgré cette érosion, New Line Cinema n’a pas lâché l’univers.
En 2006, Spike TV lance donc Blade: The Series, sa première série dramatique. L’idée, sur le papier, n’était pas absurde. Prendre la continuité des films, repartir après Blade: Trinity, et tenter une extension sur le petit écran. Sauf que le personnage perdait immédiatement une partie de sa présence, puisque Wesley Snipes disparaissait totalement de l’équation.
Une suite télé sans Wesley Snipes, installée à Detroit
À sa place, c’est Kirk Jones, alias Sticky Fingaz du groupe Onyx, qui incarne Eric Brooks. La série ramène le chasseur de vampires à Detroit, sa ville natale. On y suit aussi Krista Starr, jouée par Jill Wagner, de retour d’Irak après une mission militaire et confrontée à la mort de son frère jumeau, Zack.
Très vite, elle croise Marcus Van Sciver, un vampire puissant joué par Neil Jackson, qui l’infecte avec son sang. Petite bizarrerie de cette version, les vampires injectent leur sang à leurs proies au lieu de les mordre, une pratique qu’un personnage décrit comme « pour les sauvages ». Blade et son allié Shen, incarné par Nelson Lee, la sauvent avec un sérum du Daywalker. Ensuite, l’intrigue bascule vers une alliance entre Blade et Krista contre Marcus.
Le vrai problème, c’était le ton
Le pilote avait pourtant de quoi intriguer. Il était signé David S. Goyer et Geoff Johns, alors que Goyer sortait du co-scénario de Batman Begins avec Christopher Nolan. Mais là où ce dernier avait relancé Batman, la série Blade n’a jamais retrouvé les crocs du film de 1998.
Résultat, une version plus sage, presque dégriffée. The New York Times la qualifiait de « étonnamment inoffensive », ce qui n’est pas franchement un compliment pour une licence bâtie sur l’action sanglante. Du côté de Variety, Brian Lowry jugeait que Kirk Jones livrait une imitation correcte de Wesley Snipes, mais que l’ensemble misait davantage sur le bruit que sur l’intelligence. Le score de 50 % sur Rotten Tomatoes, basé sur 18 critiques, raconte à peu près la même chose.
Treize épisodes et puis plus rien
Diffusée de juin à septembre 2006, la série s’est arrêtée après 13 épisodes. Une saison, pas plus. Aujourd’hui, elle a presque disparu de la conversation autour de Marvel, ce qui est assez parlant pour un personnage qui enchaîne les faux départs à Hollywood.
Et ce n’est pas juste une vieille affaire. Le film Blade porté par Mahershala Ali a subi retard sur retard avant d’être discrètement abandonné. Kevin Feige a même reconnu s’être senti « comme un perdant » de ne pas avoir réussi à le concrétiser. Vu comme ça, le slogan de la série avait presque un côté prophétique, « certaines choses valent mieux si on les laisse mortes-vivantes ». Pour Blade, la vraie question est ailleurs maintenant, comment refaire exister la licence sans la vider de ce qui l’avait rendue cool dès le départ.