Battlestar Galactica : les épisodes qui racontent vraiment la série

Impossible de résumer Battlestar Galactica à sa réputation. Cinq étapes suffisent pourtant à saisir ce que la série a de plus fort, et de plus dur.

Battlestar Galactica
Image d'illustration. Battlestar Galactica — Sky One / PR-ADN

En bref

  • Cinq épisodes résument la série
  • La politique compte autant que l’action
  • Le reboot dépasse largement l’original

On retient souvent Battlestar Galactica pour ses vaisseaux, ses Cylons ou son aura de classique de la SF télé. Ce n’est pas faux. Mais la vraie clé est ailleurs, dans une série capable de parler de survie, de pouvoir et de société avec une sécheresse assez rare à la télévision.

Créée à l’origine par Glen A. Larson en 1978 dans le sillage de Star Wars, la franchise avait vite brûlé ses cartouches, avec une seule saison puis l’échec de Galactica 1980. Le reboot signé David Eick et Ronald D. Moore, diffusé pendant quatre saisons sur Syfy, a repris le concept de base en retirant le côté kitsch. Et c’est là que la série a vraiment trouvé sa forme.

Une mini-série qui change tout d’entrée

Il faut commencer par la mini-série de lancement, deux épisodes de 90 minutes. Tout est déjà là, les 12 colonies humaines, leur destruction, la fuite du Galactica avec une flotte civile, et la quête de la treizième colonie, la Terre.

Sauf qu’un détail change tout. Les Cylons ne sont plus de simples envahisseurs, ils ont été créés par l’homme. Le conflit devient celui du créateur face à sa création, avec des Cylons capables de prendre forme humaine et portés par la foi en un dieu unique. On y rencontre aussi les figures qui vont porter toute la série, William Adama, Laura Roslin, Lee Adama, Kara Thrace et Gaius Baltar.

L’épisode qui fixe les règles du jeu

Puis arrive 33, premier épisode de la saison 1. Clairement, difficile de faire meilleure déclaration d’intention.

Toutes les 33 minutes, les Cylons retrouvent la flotte et l’attaquent. Les survivants sautent d’un point à un autre de l’espace depuis plus de cinq jours quand l’épisode commence. Pas de remise en route tranquille, pas de répit. La série place ses personnages en état d’épuisement extrême, puis leur impose une décision atroce avec l’Olympic Carrier, abattu par précaution.

Ce choix dit tout de l’univers. Il reste moins de 50 000 humains, donc chaque mort pèse. Et la naissance d’un bébé à la fin agit comme la seule lumière possible dans ce tunnel.

Quand le vrai danger vient des humains

Avec Pegasus, la flotte découvre qu’un autre battlestar a survécu. Sur le papier, c’est une fête. En pratique, c’est un cauchemar.

L’amirale Helena Cain commande un vaisseau plus puissant que le Galactica et écrase rapidement Adama par sa brutalité. La série retourne ici un vieux ressort de SF, celui de l’autorité supérieure qui débarque, pour en faire un affrontement moral et militaire. Le face-à-face final entre les deux bâtiments ouvre directement sur Resurrection Ship. Bon, difficile d’arrêter là.

New Caprica, le sommet politique de la série

L’arc New Caprica, des deux derniers épisodes de la saison 2 aux cinq premiers de la saison 3, reste un sommet. Après avoir cru trouver un refuge sur une planète habitable cachée dans une nébuleuse, les survivants s’y installent. Un an plus tard, les Cylons débarquent et occupent la colonie.

La série bascule alors dans l’occupation, la résistance et la collaboration. David Eick a lui-même relevé les échos avec l’après-11 septembre, et l’arc évoque aussi l’invasion de l’Irak, avec une ironie mordante sur qui joue vraiment le rôle des occupants. L’épisode Collaborators, qui suit, montre surtout une chose, les blessures ne se referment pas quand le générique tombe.

Dirty Hands, ou la SF ramenée au travail réel

Et puis il y a Dirty Hands, centré sur Galen Tyrol. Loin des chefs et des pilotes, l’épisode regarde la flotte par le bas, depuis les ouvriers, une raffinerie et une grève.

Il ne reste plus qu’environ 40 000 survivants. Les compétences deviennent une prison, comme pour Diana Seelix, à qui on refuse une promotion parce qu’elle est trop utile là où elle est. La série pose alors une question plus forte qu’elle n’en a l’air, quand la survie de l’espèce dépend du travail de chacun, le droit de grève disparaît-il, ou devient-il encore plus nécessaire ? C’est sans doute là que Battlestar Galactica dépasse le simple space opera, et c’est aussi pour ça qu’elle vieillit plutôt bien.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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