Avec sa saison 3, « Tell Me Lies » s’impose comme une adaptation surpassant le roman d’origine

Image d'illustration. Tell Me Lies série HuluHulu / PR-ADN
La série « Tell Me Lies » s’impose comme une adaptation télévisuelle qui surpasse son œuvre d’origine littéraire. Avec une saison 3 récemment dévoilée, elle confirme sa capacité à enrichir et dépasser le roman dont elle est issue.
Tl;dr
- L’adaptation enrichit l’univers du roman original.
- Les personnages secondaires gagnent en profondeur.
- La série évite la monotonie des intrigues centrales.
Des personnages secondaires au cœur de l’intrigue
Là où tant d’adaptations littéraires peinent à capturer la richesse de leur matériau d’origine, « Tell Me Lies », sous la houlette de la showrunneuse Meaghan Oppenheimer, fait le choix risqué, mais payant d’élargir le prisme narratif. Plutôt que de se concentrer uniquement sur le couple central formé par Lucy Albright et Stephen DeMarco, incarnés à l’écran par Grace van Patten et Jackson White, la série ouvre la porte à une galerie de figures secondaires jusque-là reléguées à l’arrière-plan dans le roman de Carola Lovering. Résultat ? Des trajectoires inédites, des interactions nuancées et, surtout, une humanité rarement atteinte dans ce type d’exercice.
Une adaptation qui dépasse son modèle
Il y a, il faut bien le reconnaître, une certaine crainte chez les amateurs du livre face aux inévitables coupes ou modifications lors du passage à l’écran. Les souvenirs des libertés prises dans les films « Harry Potter » hantent souvent les esprits… Pourtant, dans le cas présent, chaque ajustement semble guidé par une volonté d’approfondir plutôt que de simplifier. L’évolution de Bree, passée par les foyers d’accueil durant son enfance, offre ainsi un regard singulier sur la question de l’intimité et des liens familiaux. Jamais stigmatisée, jamais réduite à un simple archétype, Bree trouve enfin sa place. Il en va de même pour le personnage tourmenté de Wrigley : son expérience du deuil et de la culpabilité s’impose comme l’un des arcs narratifs majeurs — une invention purement télévisuelle qui manquait cruellement au roman.
L’élargissement du récit : un souffle nouveau
Ce parti pris d’expansion ne se limite pas aux figures déjà connues. La relation inédite entre Pippa (Sonia Mena) et Diana (Alicia Crowder), totalement absente du texte original, témoigne d’une volonté affirmée : offrir à chacun sa propre lumière et briser l’étroitesse parfois étouffante des intrigues centrées sur un unique duo. Par touches successives, Oppenheimer construit ainsi un univers plus riche et cohérent.
Pour mieux saisir cette dynamique renouvelée, voici ce que permet concrètement cette adaptation :
- Nouveaux arcs narratifs pour les seconds rôles.
- Diversification des points de vue, évitant toute sensation de huis clos.
- Respect profond envers l’œuvre originale, tout en osant s’en affranchir.
L’alchimie centrale n’est jamais perdue
Si la passion tumultueuse entre Lucy et Stephen reste bien sûr le fil rouge – soulignée par la véritable complicité entre leurs interprètes – c’est désormais tout un écosystème qui vient nourrir cette histoire toxique. Les secrets partagés avec Evan après une rupture houleuse ou encore les conséquences émotionnelles qui s’enchaînent illustrent combien chaque protagoniste contribue à densifier l’ensemble. En somme, loin d’une simple adaptation fidèle ou paresseuse, « Tell Me Lies » propose une relecture audacieuse : celle d’un monde où aucun personnage n’est accessoire et où chaque voix compte.
Les nouveaux épisodes sont diffusés chaque mardi sur Hulu.