En bref
- Brand New Day casse une vieille habitude du MCU
- Jean Grey reflète Peter par ses thèmes
- Marvel tient peut-être enfin une vraie piste
Depuis 2008, le MCU a souvent le même défaut avec ses méchants, ils ressemblent trop à leurs héros. Et Spider-Man: Brand New Day montre qu’il y avait une autre solution, plus simple à comprendre pour le spectateur, mais aussi plus riche à l’écran.
Le vieux réflexe du MCU commence à tourner en rond
Chez Marvel, le schéma est connu. Iron Man affronte des industriels en armure, Hulk tape sur d’autres monstres gamma, Steve Rogers fait face à des super-soldats, et Thor croise des dieux ou des tueurs de dieux. L’idée n’est pas mauvaise sur le papier, parce qu’elle transforme l’antagoniste en commentaire du héros, en version tordue de ce qu’il pourrait devenir.
Le souci, c’est qu’à force, le méchant miroir finit par n’exister que pour ça. Pas mal de figures ont marqué quand même, souvent grâce à l’interprétation, comme Tom Hiddleston, ou à une écriture plus solide, comme Killmonger dans Black Panther. Thanos, lui, sortait du lot pour une raison assez claire, il portait presque son propre récit.
Marvel avait déjà tenté de bouger, sans réussir
L’an dernier, Captain America: Brave New World essayait déjà de casser cette routine. Le film, qui a rapporté environ 480 millions d’euros à l’échelle mondiale (£415 million), opposait Sam Wilson à un Hulk, avec Thunderbolt Ross en Red Hulk sous les traits de Harrison Ford. Sur le principe, l’idée se tenait.
Mais le film n’arrivait pas à assembler ses morceaux. Résultat, même un acteur comme Ford ne suffisait pas à rendre le personnage vraiment fort. Et le troisième acte retombait dans un affrontement très classique, avec destruction de la Maison Blanche et tentative de retour à la raison. Du spectacle, oui. De l’impact émotionnel, beaucoup moins.
Pourquoi Jean Grey fonctionne là où d’autres ont échoué
Ce qui frappe dans Brand New Day, c’est le choix de Jean Grey. Pas une ennemie évidente de Spider-Man, et c’est précisément ce qui fait tiquer une partie des fans les plus attachés à sa galerie habituelle.
En parlant à The Wrap, les scénaristes Chris McKenna et Erik Sommers ont expliqué que le personnage n’était pas là au départ. McKenna raconte qu’ils avaient déjà l’idée du contrôle mental et de la métamorphose de Peter Parker, mais pas le bon personnage. Puis Jean est arrivée, et selon lui, « c’était la pièce manquante ». Il ajoute que le film « en avait besoin » et que tout a commencé à se débloquer à partir de là.
Un méchant pensé par les thèmes, pas par les pouvoirs
Là, Marvel touche quelque chose de plus intéressant. Jean Grey ne fonctionne pas parce qu’elle copie les pouvoirs de Peter, mais parce qu’elle partage son arc émotionnel. Tous les deux traversent une même perte de lien, une même déconnexion, et le film s’en sert jusqu’à cette scène finale où leurs trajectoires se rejoignent.
Brand New Day ne propose pas juste un antagoniste différent. Il montre qu’un méchant peut être construit autour des thèmes d’un film, pas seulement autour d’un combat. Vu son box-office potentiellement record et son 98 % côté public sur Rotten Tomatoes, la leçon mérite d’être retenue. Et si Marvel la comprend vraiment, le prochain chantier dépasse largement Spider-Man, il concerne tout le futur du MCU, jusqu’au redémarrage des X-Men.