En bref
- Quark ne devient pas Grand Nagus
- Rom hérite finalement du pouvoir ferengi
- Le final privilégie la continuité émotionnelle
Presque tout change à la fin de Deep Space Nine. Et justement, Quark, lui, ne bouge pas.
Le seul personnage qui ne devait pas partir
Le dernier épisode, What You Leave Behind, porte bien son nom. Sisko rejoint le vortex et s’unit à des entités non corporelles. Odo repart vers son peuple. Kira prend le commandement de la station. Worf file comme ambassadeur sur le monde klingon, pendant qu’O’Brien quitte les lieux pour enseigner à l’Académie de Starfleet.
Au milieu de ce grand déménagement, Quark reste derrière son comptoir. Petit geste en apparence. En réalité, c’est le point fixe du final, celui qui évite à la série de perdre tout son centre en même temps.
Quark, mauvais choix pour le sommet, bon choix pour la série
Sur le papier, le voir devenir Grand Nagus n’aurait rien eu d’absurde. Au début de la série, il avait même été cité comme successeur possible. Après tout, Quark est un pur produit ferengi, cupide, roublard, souvent odieux, mais fidèle à sa logique et aux Rules of Acquisition comme d’autres le sont à un catéchisme.
Mais Ira Steven Behr, showrunner de la série, estimait que c’était la mauvaise fin. Il expliquait qu’Quark devait être au bar dans la dernière image, parce que le public avait besoin de cette continuité plus que d’un nouveau patron pour la station. Il allait même plus loin en disant, « Quark est le centre de la station ».
Franchement, ça se tient très bien. Faire monter Quark au sommet, c’était aussi l’arracher à l’endroit où le personnage raconte le mieux la série.
Pourquoi Rom a fini par l’emporter
Il fallait donc quelqu’un d’autre. Pas Zek, d’abord, puisque l’ancien Nagus part se retirer avec Ishka, la mère de Quark. Et pas Zek non plus pour une autre raison, plus narrative. Le personnage avait trop changé, exposé aux idées d’Ishka, entre féminisme, syndicats et même une forme de déclin cognitif version ferengi.
Restait Rom. Le choix surprend, parce qu’il n’a jamais été un as des affaires. Ronald D. Moore résumait pourtant bien le point clé, Rom est aimé parce qu’il est attentionné, presque tendre, là où la société ferengi valorisait surtout la ruse et l’accumulation.
Du coup, pour qu’il devienne crédible comme Nagus, il fallait que Ferenginar change elle aussi. Rene Echevarria a alors imaginé cette bascule, une société devenue plus douce, assez différente pour permettre à Rom de prendre la tête.
Un final plus fidèle à Quark qu’une promotion
Une autre idée a même circulé. Quark aurait refusé le poste lui-même, jugeant que le nouveau Ferenginar n’était plus vraiment le sien. Il serait resté au bar pour défendre les vieux principes ferengi pendant que le reste du peuple évoluait.
C’est sans doute là que le personnage finit le mieux. Pas grandi, pas adouci, pas récompensé au sens classique. Juste cohérent. Et dans une série qui déplaçait tout, garder Quark à sa place disait quelque chose de plus large sur la télé de cette époque, on pouvait conclure sans transformer chaque destin en promotion.