En bref
- Attention, spoilers sur les trois premiers épisodes
- Avatar introduit deux Avatars simultanément
- Le spirituel semble au cœur du désastre
Le vrai choc de Avatar : Les Sept Refuges (Avatar: Seven Havens), il est là. Pour la première fois dans toute l’histoire de la franchise, il n’y a pas un seul Avatar, mais deux. Et pas deux figures lointaines dans une légende, non, deux sœurs jumelles au présent, au centre du récit.
Deux Avatars, et tout l’équilibre change
Au milieu du chaos, Pavi, une jeune maîtriseuse de la terre, découvre qu’elle est le nouvel Avatar. Puis la série ajoute une couche bien plus intrigante, elle a une sœur jumelle, Nisha, dont elle a été séparée il y a longtemps dans des circonstances encore floues. Le point clé, c’est que Nisha est elle aussi l’Avatar.
Dans une saga bâtie sur l’idée d’un cycle unique, ce détail change tout. On ne parle pas juste d’un twist de lancement. On parle d’un déplacement de la règle fondatrice de cet univers.
Pavi et Nisha arrivent dans un monde qui les rejette
L’autre bonne idée de Seven Havens, c’est de ne pas refaire Aang ou Korra. Pavi vit dans la rue avec son chat-singe et doit cacher sa maîtrise, parce que les maîtres doivent se faire recenser et semblent ensuite rejoindre l’armée de leur havre. Rien à voir avec Korra, pressée d’assumer son destin, ni avec Aang, terrorisé par le sien.
En face, Nisha a grandi cachée et protégée par le Lotus Blanc, en sachant que le monde extérieur la déteste et célèbre l’absence de l’Avatar. Ce contraste fonctionne très bien, parce qu’il rappelle ce que la franchise sait faire depuis vingt ans, montrer comment chaque nouvel Avatar hérite d’un monde différent, parfois franchement hostile.
Le mystère spirituel est déjà partout
La série ne dit pas encore clairement ce que Korra a provoqué, mais les trois premiers épisodes pointent dans la même direction, le monde des esprits. Le décor post-apocalyptique, les phénomènes étranges et surtout les motifs rouge et noir renvoient très nettement à Vaatu, l’esprit des ténèbres et du chaos vu dans The Legend of Korra.
Du coup, une hypothèse prend forme. Si Vaatu a participé à l’effondrement de la civilisation, Raava, esprit de lumière et de paix, aurait pu répondre en divisant son essence pour renaître en deux Avatars. Rien n’est confirmé, mais la piste tient debout, et elle donne au mystère central un poids immédiat.
Une franchise relancée, mais encore mal servie
Ce retour compte aussi parce qu’il s’agit du premier nouveau show animé Avatar depuis plus de dix ans. Et visuellement, la série cherche sa propre voie, avec un style distinct et un monde en ruines qui tranche franchement avec les deux précédentes séries.
Mais il y a un contraste assez net. Cette année avait déjà quelque chose de doux-amer pour les fans, avec Avatar Aang: The Last Airbender, premier long-métrage d’animation situé dans cet univers. Le film a fuité des mois avant sa sortie, sa sortie cinéma a été abandonnée au profit du streaming, puis Paramount l’a lancé avec une discrétion étonnante. Et pour Seven Havens, le studio n’a pas beaucoup plus poussé la machine.
C’est presque le paradoxe de la franchise aujourd’hui. Vingt ans après Avatar: The Last Airbender, elle continue d’étendre sa mythologie avec des idées neuves, mais son avenir se joue aussi dans un point plus terre à terre, la capacité de Paramount à traiter cette licence à la hauteur de son ambition.