En bref
- Les constructeurs chinois investissent massivement dans les robots humanoïdes, espérant en faire leur prochain relais de croissance.
- Face aux marges automobiles en baisse, Xpeng, BYD et d’autres misent sur leur expertise industrielle pour produire ces robots à grande échelle.
- La course est désormais mondiale, avec Tesla, Hyundai et plusieurs startups engagés vers une commercialisation massive.
L’info, au fond, tient en une idée simple. Les constructeurs auto chinois ne misent pas sur les robots humanoïdes pour faire joli dans une keynote, ils y voient déjà un possible relais de profit.
Le signal qui change tout, c’est l’argent
Cette semaine, l’unité robotique de Xpeng a levé plus de 900 millions de dollars, pour une valorisation post-money supérieure à 6,3 milliards de dollars. Le tour de table a été mené par IDG Capital, avec Gaorong Ventures, Tencent et Alibaba. La société parle même du plus gros tour privé jamais enregistré en Chine dans l’IA incarnée, autrement dit des systèmes d’IA intégrés directement dans des machines physiques.
Et Xpeng n’est plus seul. Ce mois-ci, AiMOGA, la branche robotique de Chery Automobile, aurait commencé à préparer son introduction en Bourse, pendant que BYD montrait un humanoïde baptisé Xiao Di.
Les voitures rapportent moins, les robots font rêver plus
Pour Michael Dunne, patron du cabinet Dunne Insights, Xpeng est le constructeur chinois qui colle le plus aux pas de Tesla. C’est aussi, selon lui, le premier à s’engager aussi franchement sur les humanoïdes. Son analyse est limpide, les marges des voitures deviennent si fines à l’horizon proche que les robots paraissent bien plus prometteurs. Vu l’état de la guerre des prix dans l’auto, ce n’est pas absurde du tout.
Le fondateur He Xiaopeng et le co-président Brian Gu y croient assez pour remettre au pot eux-mêmes. Les deux dirigeants auraient injecté 100 millions de dollars dans le dernier tour. Leur pari s’appelle Iron, un robot à forme humaine, pensé pour un déploiement commercial.
La Chine ne part pas de zéro sur le hardware
Les groupes auto chinois ont un avantage assez évident, ils savent fabriquer. Usines, chaîne logistique, intégration matérielle, montée en cadence, tout ça, ils le maîtrisent déjà. Michael Dunne estime d’ailleurs qu’ils ont tout le hardware nécessaire pour faire le boulot.
La vraie inconnue est ailleurs. Rattraper Tesla sur le versant IA. C’est là que la partie se joue, surtout maintenant que pas mal de chercheurs pensent que les techniques derrière les grands modèles de langage peuvent aider des robots complexes à apprendre presque n’importe quelle tâche.
Dans le lot, on retrouve aussi Changan, Li Auto, SAIC, GAC ou encore Seres. Clairement, on n’est plus dans l’expérimentation isolée.
Ce n’est pas qu’une lubie chinoise
La course est mondiale. Agility Robotics, Figure et Apptronik visent tous le même boss final, le déploiement commercial à grande échelle.
Chez Hyundai, ça devient très concret. Le groupe veut installer cette année le robot Atlas de Boston Dynamics dans son usine de Géorgie, avant un usage plus large d’ici 2028 pour des tâches comme le séquençage de pièces. Le constructeur sud-coréen, qui travaille avec DeepMind, ouvre aussi aux États-Unis un Robot Metaplant Application Center pour apprendre aux robots des mouvements comme soulever ou tourner.
Même des acteurs plus périphériques s’y mettent. Mobileye a racheté plus tôt cette année la startup Mentee Robotics pour 900 millions de dollars, et Rivian bricole aussi le sujet avec son spinout Mind Robotics. Bref, le message est limpide, après la voiture électrique, l’industrie veut son prochain gros filon.