Anthropic au cœur des tensions autour de l’IA et de la cybersécurité

Entre promesse défensive et risque offensif, Mythos suscite une vive inquiétude.

Anthropic
Image d'illustration. Anthropic — Anthropic / PR-ADN

Tl;dr

  • Les autorités américaines s’inquiètent du modèle d’IA « Mythos », capable de bouleverser rapidement la cybersécurité et cherchent à y accéder.
  • Cette IA développée par Anthropic peut détecter et exploiter des milliers de failles, accélérant potentiellement les cyberattaques.
  • Malgré son objectif défensif, elle crée un risque majeur : un décalage entre découverte des vulnérabilités et leur correction, exposant systèmes et infrastructures.

Une course contre la montre pour la cybersécurité

Derrière les portes closes de Wall Street, une inquiétude se fait jour : le département du Trésor américain cherche à obtenir un accès privilégié au modèle d’intelligence artificielle restreint « Mythos », développé par la société Anthropic. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les modèles d’IA avancés bouleversent déjà en profondeur le paysage de la cybersécurité.

Début juin, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, et le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, ont alerté plusieurs cadres dirigeants sur les conséquences potentielles du déploiement de Mythos. L’information, relayée par Bloomberg, met en lumière une prise de conscience croissante : ces outils peuvent déstabiliser rapidement des secteurs entiers.

L’arme à double tranchant d’Anthropic

Lancé officiellement le 7 avril sous l’égide du projet « Glasswing », ce modèle n’est proposé qu’à un cercle restreint d’entreprises technologiques telles qu’Amazon Web Services, Apple, Nvidia ou encore Google. La raison ? Son potentiel inédit. Selon les équipes d’Anthropic : « Mythos Preview est capable d’identifier et d’exploiter des vulnérabilités logicielles mieux que la plupart des experts humains ». Lors de ses phases de tests, l’IA a mis au jour des milliers de failles dites « zero-day », jusque-là inconnues, touchant systèmes d’exploitation et navigateurs majeurs.

Voici ce qui inquiète tant les autorités américaines :

  • Dénombrement massif de vulnérabilités non corrigées.
  • Aptitude à accélérer la cadence des cyberattaques.
  • Difficulté à contrer ces menaces avant qu’elles ne soient exploitées.

Tensions avec l’appareil sécuritaire américain

Il faut dire que le dialogue entre Anthropic et certains organismes fédéraux s’est tendu depuis mars. Le département de la Défense (DoW) a désigné l’entreprise comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement » après son refus d’accorder au Pentagone un accès sans restriction à ses modèles. En toile de fond : la crainte d’un usage pour la surveillance domestique ou dans des armes autonomes létales.

Période charnière pour les défenseurs numériques

Anthropic, tout en insistant sur son intention défensive via « Project Glasswing », rappelle que « Même si l’IA peut renforcer massivement la sécurité logicielle, cette transition sera instable : hackers et États adverses adopteront vite ces capacités, tandis que les correctifs prendront du retard ». Autrement dit, si l’objectif reste d’améliorer les défenses numériques, le risque immédiat demeure : un écart entre découverte des failles et leur résolution pourrait exposer entreprises comme infrastructures vitales à des attaques inédite par leur ampleur.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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