Big Fish aurait pu être un film de Spielberg, et ça change tout

Big FishColumbia Pictures / PR-ADN
Avant Tim Burton, c’est Steven Spielberg qui devait réaliser Big Fish. Un détour de casting et d’écriture qui éclaire autrement ce film culte.
En bref
- Steven Spielberg devait d’abord réaliser Big Fish
- Jack Nicholson était envisagé pour Edward Bloom
- Tim Burton a finalement signé la version sortie en 2003
Et si Big Fish avait été un film de Steven Spielberg ? La question a de quoi intriguer, parce qu’on ne parle pas d’une vague intention de studio, mais d’un projet vraiment lancé avant l’arrivée de Tim Burton.
Un des grands « et si » du cinéma des années 2000
Le scénario passe d’abord par John August, qui convainc Columbia Pictures d’acheter les droits du roman Big Fish de Daniel Wallace avant même sa publication en 1998. Puis, en août 2000, Spielberg entame des discussions sérieuses pour mettre en scène l’adaptation, avec l’idée d’en faire son film d’après Minority Report. Son studio DreamWorks devait même participer au financement.
Ce détail change pas mal de choses. On n’est plus dans le fantasme de cinéphile, mais dans un vrai carrefour industriel, celui où un film peut prendre une couleur totalement différente selon le réalisateur qui finit par le porter.
Le film que Burton a fini par imposer
Quand Big Fish sort en 2003, le résultat tranche dans la filmographie de Burton. Le film suit Will Bloom, joué par Billy Crudup, qui tente de se réconcilier avec son père mourant, Edward Bloom, incarné à l’écran par Albert Finney, personnage passé maître dans les récits extravagants sur sa propre vie.
Là où on attend souvent chez Burton une noirceur gothique, Big Fish préfère des couleurs vives et une forme d’optimisme très assumée. Le jeune Edward, interprété par Ewan McGregor, traverse des cirques au néon, des champs de jonquilles baignés de soleil et la petite ville de Spectre, presque irréelle tant elle paraît chaleureuse. C’est précisément ce contraste qui a nourri, avec le temps, une base de fans très solide.
Nicholson, réécritures et départ de Spielberg
La version Spielberg avait déjà son idée. Le cinéaste voulait Jack Nicholson pour jouer la version âgée d’Edward Bloom, et il estimait que le script ne lui donnait pas encore assez de matière. Il demande donc à John August d’écrire de nouvelles scènes spécifiquement pensées pour l’acteur.
Mais les réécritures s’accumulent, sans répondre à ses attentes. Résultat ? Spielberg quitte finalement le projet et se tourne vers Catch Me If You Can.
Pourquoi la version sortie garde une vraie force
On voit très bien ce qu’une version Spielberg aurait pu apporter. L’émerveillement, évidemment. Et aussi cette manière qu’il a de filmer les familles abîmées, ce qui aurait collé au lien cassé entre Will et Edward. Quant à Nicholson, il aurait sans doute amené quelque chose de plus sec, peut-être plus ironique, là où Finney joue un patriarche obstiné, mais profondément attachant.
Mais le film de Burton n’a pas à s’excuser d’exister face à cette version fantôme. Il tient justement parce qu’il laisse la magie des histoires d’Edward respirer, sans sur-expliquer leur mécanique. Un choix assez rare, quand même, et qui explique pourquoi ce drame familial fantastique reste, encore aujourd’hui, un film sous-estimé.
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