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Après Disclosure Day, le Spielberg à revoir n’est pas E.T.

Pop Culture > Films > Steven Spielberg > Disclosure Day
Par Morgan Fromentin,  publié le 14 juin 2026 à 22h00.
Pop Culture
Disclosure Day

Image d'illustration. Disclosure DayUniversal Pictures / PR-ADN

Le nouveau film de Steven Spielberg parle moins d’aliens que de vérité publique. Et c’est pour ça que le bon double programme, c’est The Post.

En bref

  • Disclosure Day parle surtout de divulgation
  • Le meilleur écho, c’est The Post
  • Spielberg défend le droit de savoir

Le plus intéressant avec Disclosure Day, ce n’est visiblement pas l’alien. C’est la vérité. Et la question qui va avec, bien plus inconfortable, savoir si une société tient encore quand on lui montre ce qu’on lui cache.

Le vrai centre de gravité n’est pas l’alien

On pouvait s’attendre à un nouveau grand morceau de science-fiction signé Steven Spielberg, dans la lignée de E.T., Rencontres du troisième type ou La Guerre des mondes. La promesse était là, d’autant que le film a été salué comme un thriller de poursuite SF très solide. Mais le cœur du récit est ailleurs.

Dans Disclosure Day, une entreprise puissante étudie depuis des décennies des extraterrestres et leur technologie pour le gouvernement. Le film suit d’anciens employés qui veulent publier des preuves de la vie extraterrestre. En gros, l’enjeu n’est pas tant l’existence des aliens que le droit de savoir, face à la peur de la réaction du public.

Pourquoi les personnages refusent la transparence totale

C’est là que le film devient plus politique qu’on ne l’imagine. Jane Blankenship, jouée par Eve Hewson, ancienne nonne et compagne de Daniel Kellner, incarné par Josh O’Connor, comprend la vérité puis interroge tout de suite l’idée même de divulgation.

Elle ne dit pas que cette vérité détruirait les religions. Elle pense surtout que l’humanité ne la gérerait pas, et que le chaos suivrait. En face, Noah Scanlon, le responsable gouvernemental joué par Colin Firth, veut aussi empêcher la sortie des informations, au nom du socle de la société. Alors même que le monde, rappelle le film, approche déjà d’une Troisième Guerre mondiale.

Résultat, la tension repose sur une question simple et dure, la publication d’informations classifiées est-elle justifiée si elle peut bouleverser l’ordre social ?

The Post, le chaînon le plus évident

C’est pour ça que revoir E.T. ou Rencontres du troisième type après coup serait presque à côté du sujet. Le bon réflexe, c’est The Post.

Le film de 2017 suit Katharine Graham, interprétée par Meryl Streep, patronne du Washington Post, au moment où le journal s’apprête à entrer en Bourse et où sa rédaction met la main sur une histoire sur les raisons corrompues et sordides de l’engagement américain au Vietnam. Là encore, le vrai sujet n’est pas seulement les Pentagon Papers, mais la liberté de la presse. Et cette phrase de Ben Bradlee, joué par Tom Hanks, résume assez bien le lien entre les deux films : « La seule façon d’affirmer le droit de publier, c’est de publier. »

Un Spielberg plus âgé, mais toujours frontal

Ce rapprochement dit aussi quelque chose de la trajectoire du cinéaste. The Post arrivait après l’échec de Le Bon Gros Géant, et après deux drames adultes, ancrés mais ambitieux, Lincoln puis Le Pont des espions. Le tournage avait été mené à toute vitesse, à la fois pour la saison des prix et pour sortir au début du mandat de Trump, au moment où la guerre contre le journalisme et contre la vérité prenait une place centrale.

Et c’est peut-être ce qui relie le mieux les deux films. Disclosure Day ne montre pas vraiment l’après, il ne dit pas si la guerre mondiale est évitée, il ne s’attarde pas sur les conséquences. Il défend autre chose, plus net, presque obstiné. Le devoir moral de publier. Pas mal de films parlent d’extraterrestres. Peu parlent aussi frontalement de notre rapport à l’information.

Le Récap
  • En bref
  • Le vrai centre de gravité n’est pas l’alien
  • Pourquoi les personnages refusent la transparence totale
  • The Post, le chaînon le plus évident
  • Un Spielberg plus âgé, mais toujours frontal
En savoir plus
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