Le Seigneur des anneaux, ces vérités que les fans taisent encore

Image d'illustration. Le Seigneur des anneauxNew Line Cinema / PR-ADN
Les livres de J.R.R. Tolkien restent majeurs, mais ils ne sont pas intouchables. Rythme, personnages, chansons, adaptations, le débat revient.
En bref
- Les romans de Tolkien ne sont pas parfaits
- Leur rythme et leur casting féminin divisent
- Aimer les films suffit pour être fan
Les livres de J.R.R. Tolkien ont ce statut rare, celui des œuvres qu’on approche presque sur la pointe des pieds. C’est aussi ce qui rend le débat intéressant. Parce qu’entre leur influence immense sur Peter Jackson et leur réputation de sommet absolu de la fantasy, on finit parfois par oublier une chose très simple, un classique peut aussi avoir ses angles morts.
Des romans fondateurs, pas intouchables
Personne ne retire quoi que ce soit à Le Seigneur des anneaux. Les romans ont fourni la base dont Peter Jackson avait besoin pour bâtir une trilogie adorée, et leur héritage dépasse largement le simple cadre de la fantasy. Mais les considérer comme presque parfaits brouille un peu la lecture. Un livre majeur n’est pas un livre sans défauts.
Le rythme, ce vieux sujet que les lecteurs connaissent bien
On a beaucoup reproché à la trilogie The Hobbit de tirer en longueur. La critique n’est pas absurde, surtout quand on voit l’effort pour étirer un matériau plus court en trois films. Sauf que le point délicat, pour les fans, c’est que cette lenteur existe aussi dans les romans de J.R.R. Tolkien.
Les histoires reposent largement sur le voyage, donc sur la marche, les détours, les haltes. Cela fait sens dans l’univers. Mais cela ne change pas le ressenti de lecture, certains passages avancent vraiment lentement, parfois trop.
Quand les femmes existent, elles marquent, mais elles sont trop peu
L’autre sujet, plus net encore, c’est la sous-représentation des femmes, dans les livres comme dans les films. On peut invoquer l’époque, le contexte ou l’intention, le constat reste le même, elles occupent peu de place.
Et c’est d’autant plus frustrant que J.R.R. Tolkien savait très bien les écrire. Galadriel et Éowyn, notamment, sont présentées comme des figures solides, nuancées, mémorables. Résultat ? On regrette presque davantage leur rareté.
Tout n’avait pas sa place dans les films
Sur l’adaptation, les puristes ont longtemps pointé l’absence de Tom Bombadil. Pourtant, la coupe se défend assez bien. Peter Jackson avait déjà une matière dense, plusieurs lignes narratives à faire tenir à l’écran, et des films qui frôlaient ou dépassaient les trois heures.
Dans ce cadre, ce personnage très puissant, très mystérieux, un peu à part, ne trouvait pas facilement sa place. Le voir apparaître plus tard dans The Lord of the Rings: The Rings of Power, avec même des signes d’un autre passage dans The Lord of the Rings: Shadow of the Past, ne change pas vraiment ce constat.
Lire, survoler, aimer quand même
Il y a aussi une vérité plus terre à terre. Pas mal de lecteurs survolent, voire sautent carrément, les chants et poèmes disséminés dans Le Seigneur des anneaux. Les fans les plus investis y voient une hérésie, d’autant qu’ils comptent dans l’écriture et dans le monde imaginé par J.R.R. Tolkien. Mais le lecteur moyen ne lit pas toujours avec cette patience.
Même logique pour la frontière entre livres et films. Connaître les romans par cœur ne donne pas le monopole du fandom. Aimer uniquement les adaptations de Peter Jackson, ou entrer dans la franchise par l’écran, reste une manière tout à fait valable d’être fan. Et c’est peut-être là que le sujet devient plus large, une œuvre culte vit aussi à travers ceux qui ne la consomment pas « parfaitement ».