Scary Movie vise juste avec une parodie qui oublie l’horreur

Image d'illustration. Scary Movie 6Paramount / PR-ADN
Le nouveau Scary Movie aligne les vannes grasses attendues, puis surprend avec son meilleur gag, une fausse bande-annonce loin du cinéma d’horreur.
En bref
- Le meilleur gag ne vise pas l’horreur
- Une fausse bande-annonce piège le public
- Scary Movie reste vulgaire, mais parfois fin
On attendait du lourd, du gras, et parfois du franchement douteux. Scary Movie, dans sa version 2026, livre bien tout ça. Mais son moment le plus réussi arrive justement quand le film cesse de forcer, et choisit une idée simple, très bien amenée.
La saga a toujours fonctionné comme une rafale. Des parodies d’horreur récentes, des références pop, de l’humour d’actu, et ce vieux réflexe de taper un peu partout, vers le haut comme vers le bas. Le retour de la famille Wayans ne change pas la recette. On retrouve les blagues salaces, le mauvais goût assumé, et ce ton qui pousse le spectateur à redouter le pire presque en permanence.
Le gag que personne ne voyait venir
C’est précisément là que la meilleure blague du film prend de la force. Au milieu de l’intrigue, Tuesday, jouée par Savannah Lee Nassif, regarde la télévision dans sa chambre d’hôpital. Le film lance alors une fausse bande-annonce qui reprend l’imagerie de Michael, le récent succès au box-office consacré à Michael Jackson.
Et là, dans la salle, la mécanique est limpide. On sent le public se crisper, avec des gémissements, des rires nerveux, cette impression que Scary Movie va aller trop loin. Vu la controverse autour du film de Antoine Fuqua, soutenu en partie par la famille Jackson et critiqué pour éviter les aspects les plus sombres de la vie de la star, l’attente était presque écrite d’avance.
Pourquoi la blague marche vraiment
Sauf que le film bifurque. Au lieu d’appuyer sur les évidences, la bande-annonce montre Kenan Thompson en studio, habillé comme Michael Jackson, pendant que son entourage lui rappelle tout ce qu’il fait moins bien, chanter, danser, simplement avoir l’air à l’aise. Après quelques vannes supplémentaires et une chute dans un escalier, le titre tombe enfin. Ce n’est pas Michael, mais Jermaine.
Le gag est bon parce qu’il repose sur la diversion. Le film vous pousse à anticiper une vanne lourde, puis il choisit une cible plus nette, Jermaine Jackson, le frère moins célèbre. C’est plus propre, plus précis, et quand même plus drôle. En creux, la parodie égratigne aussi le côté hagiographique de Michael, sans transformer la scène en exercice de provocation facile.
Un rappel utile sur ce que vaut encore la franchise
Bon, ça ne change pas la nature du film. Scary Movie continue de se complaire dans l’humour le plus bas de plafond, et la source le dit clairement, ça n’a rien de particulièrement admirable. Mais cette séquence rappelle que la franchise peut encore viser juste quand elle ralentit un peu et mise sur une vraie construction de gag.
Il y a même une lecture plus large. Les Wayans, eux aussi issus d’une dynastie du divertissement afro-américain, semblent glisser un petit clin d’œil à leur propre place dans l’industrie. Pas de quoi transformer le film en satire fine, clairement. Mais assez pour montrer qu’au milieu du bruit, Scary Movie sait encore être malin.
Le film est actuellement en salles.