Edge of Tomorrow: pourquoi sa suite n’arrive pas, malgré son aura

Image d'illustration. Edge of TomorrowWarner Bros. Pictures / PR-ADN
Dix ans après sa sortie, Edge of Tomorrow reste un drôle de cas: un carton d'estime, une vraie idée de SF, et toujours aucune suite en vue.
En bref
- Un film de SF culte sans suite
- Le box-office a freiné le projet
- Les agendas n’ont rien arrangé
Des films bien plus oubliables ont eu droit à trois suites. Edge of Tomorrow, lui, est resté seul. C’est tout le paradoxe de ce long-métrage sorti en 2014, porté par Tom Cruise et Emily Blunt, qui avait pourtant presque tout pour lancer une franchise.
Un blockbuster qui avait tout d’une saga
Adapté du light novel japonais All You Need Is Kill, le film de Doug Liman suit William Cage, un officier de communication envoyé au front contre les Mimics, une force extraterrestre. Il meurt, puis revit la même journée. Encore. Et encore. Avec Rita Vrataski, soldate devenue figure de guerre, il comprend comment transformer cette malédiction en arme.
Le plus intéressant, c’est le décalage avec l’image habituelle de Tom Cruise. Cage n’entre pas dans l’histoire en héros impeccable. Il fuit, il panique, il apprend à ses dépens. Du coup, la boucle temporelle n’est pas juste un gadget malin. Elle raconte sa progression, erreur après erreur, comme un joueur qui recommence un niveau jusqu’à enfin le maîtriser.
Et Emily Blunt y est pour beaucoup. Sa Rita impose immédiatement une présence sèche, directe, très physique. L’alchimie avec Tom Cruise fonctionne, l’humour noir aussi, notamment quand le film transforme les morts répétées de Cage en moteur dramatique autant qu’en ressort comique. Même Bill Paxton, en chef de troupe, laisse une vraie trace. Résultat, le film garde ses personnages au centre, même quand le spectacle prend toute la place.
Pourquoi la machine s’est arrêtée
Sur le papier, l’affaire semblait simple. Un duo solide, un concept fort, un accueil critique très favorable. Sauf qu’au box-office, Edge of Tomorrow n’a pas vraiment explosé. Le film a rapporté 350 millions d’euros environ (381 millions de dollars) dans le monde, pour un budget de production d’environ 164 millions d’euros (178 millions de dollars).
Pas un naufrage. Pas non plus le genre de score qui pousse un studio à signer tout de suite pour un deuxième épisode, surtout avec une SF coûteuse. Le film a bien gagné des fans avec le temps, mais ça ne suffit pas toujours à débloquer un feu vert.
L’autre frein, il est très concret. Tom Cruise, Emily Blunt et Doug Liman ont tous dit vouloir revenir, mais leurs calendriers n’ont jamais aligné les planètes. Entre les derniers Mission: Impossible, Top Gun: Maverick, American Made, puis côté Emily Blunt Mary Poppins Returns, la saga Quiet Place ou Oppenheimer, la fenêtre ne s’est jamais ouverte.
Une suite possible, mais plus du tout dans les mêmes conditions
La dernière mise à jour n’aide pas vraiment. En mai, des informations indiquaient que Edge of Tomorrow 2 n’était pas en développement actif chez Warner Bros.. Et avec le rachat en cours du studio par Paramount, le sort du projet pourrait bientôt dépendre d’une autre direction.
Le plus ironique, c’est que le premier film se suffit à lui-même. La menace des Mimics disparaît, l’histoire se tient, il n’y a pas de crochet grossier pour appeler une suite. Mais si un retour devait se faire, il faudrait sans doute repenser la formule. Emily Blunt avait déjà salué un ancien script, tout en estimant qu’il aurait eu plus de sens des années plus tôt.
Aujourd’hui, l’idée la plus logique serait ailleurs, avec Cage et Rita en figures d’expérience, peut-être dans un rôle de transmission face à une nouvelle menace. Ce serait une autre dynamique, et franchement, ce n’est peut-être pas une mauvaise nouvelle. Dix ans plus tard, la vraie question n’est plus seulement de faire une suite. C’est de savoir si Hollywood sait encore laisser vieillir ses bons concepts.