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Star City change de visage, et ses meilleures scènes quittent l’espace

Pop Culture > Séries TV > Apple TV+ > Star City
Par Morgan Fromentin,  publié le 7 juin 2026 à 18h00.
Pop Culture
Star City

Image d'illustration. Star CityApple / PR-ADN

L’épisode 3 de Star City déplace le centre de gravité de la série. Moins fascinée par la Lune que par l’espionnage, elle trouve enfin son ton.

En bref

  • L’épisode 3 change le ton de la série
  • Les meilleures scènes se passent loin de l’espace
  • Apple TV pousse l’axe espionnage

On attendait un gros épisode de conquête spatiale. C’est bien ce qui arrive dans Star City, mais l’essentiel est ailleurs.

Avec « Bad Dancer », son troisième épisode, la série d’Apple TV semble enfin trouver sa vraie nature. L’action reprend en 1970, après un léger saut dans le temps, pendant que la course à la Lune monte encore d’un cran. En surface, tout tourne autour d’une nouvelle tentative soviétique d’alunissage pour installer une base. La mission finit d’ailleurs dans le chaos, quand le cosmonaute Sasha Polivanov, incarné par Solly McLeod, doit interrompre l’atterrissage prévu. Avec, au passage, la mort tragique d’un cosmonaute. Et malgré ça, les scènes qui marquent vraiment n’ont presque rien à voir avec l’espace.

La série cesse de regarder seulement la Lune

C’est là que Star City change de catégorie. Plus qu’une série de science-fiction traversée par la politique, elle ressemble désormais à un thriller politique dont la course spatiale sert de décor. La nuance compte, parce qu’elle change tout dans la manière de construire la tension.

Le résultat est assez net dans cet épisode. Même le final lunaire, pourtant spectaculaire, passe derrière des moments beaucoup plus terrestres, plus secs, presque administratifs. Et franchement, ça lui va mieux.

Un contrôle banal, puis tout vacille

La meilleure séquence suit le Chief Designer, joué par Rhys Ifans. Son plan est simple sur le papier, très risqué en pratique : faire entrer discrètement dans Star City une sonde essentielle, en réalité une vieille bathysphère destinée à être reconvertie pour une mission d’exploration vers Vénus.

Le problème, c’est ce point de contrôle ultra-strict à l’entrée du site. S’il se fait repérer, il ne joue pas seulement sa liberté. L’épisode insiste sur quelque chose de plus large: pour lui, l’avenir du programme soviétique dépend d’une ambition qui dépasse la Lune, là où les décideurs du régime restent focalisés sur des objectifs politiques plus immédiats. Le face-à-face avec la cheffe du KGB, la colonelle Lyudmilla Raskova, interprétée par Anna Maxwell Martin, tient en quelques minutes. Mais tout est là, sur un fil, jusqu’à une diversion providentielle.

Irina, Tanya et la mécanique du piège

L’autre grande réussite concerne Irina Morozova, campée par Agnes O’Casey. Depuis le début, on la voit grimper dans la hiérarchie du KGB, gagner la confiance de Raskova et devenir un rouage précieux du système d’écoutes disséminé dans l’URSS.

Sa cible du moment, Tanya Markelova, jouée par Ruby Ashbourne Serkis, est professeure de musique et épouse du cosmonaute Valya Mironov, incarné par Adam Nagaitis. En espionnant son quotidien conjugal de plus en plus malheureux, Irina commence à éprouver de la sympathie pour elle. Forcément, tout se complique quand leurs vies se croisent hors des micros. Quand Irina entre enfin dans l’appartement qu’elle a passé tant de temps à écouter, la scène fait remonter les conversations intimes du passé dans le présent. L’hommage à The Americans est évident, mais il n’a rien de paresseux.

Pourquoi cet épisode compte vraiment

Ces deux scènes racontent la même chose. Star City est meilleure quand elle filme la surveillance, les rapports de force, les vies qui se contaminent entre travail et intime. Bref, quand la fusée devient presque secondaire.

Les nouveaux épisodes arrivent chaque vendredi sur Apple TV. Si la série garde ce cap, son enjeu à moyen terme est assez clair: moins vendre l’espace, plus creuser ce qu’un système politique fait aux gens qui l’habitent.

Le Récap
  • En bref
  • La série cesse de regarder seulement la Lune
  • Un contrôle banal, puis tout vacille
  • Irina, Tanya et la mécanique du piège
  • Pourquoi cet épisode compte vraiment
En savoir plus
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