He-Man au cinéma, et enfin une vraie logique pour ses noms absurdes

Image d'illustration. Masters of the UniverseAmazon MGM Studios / PR-ADN
Le film Masters of the Universe assume enfin les noms les plus kitsch de la saga. Et il trouve une astuce canonique, simple et plutôt maligne.
En bref
- Le film justifie enfin les noms cultes
- Le jeune Adam les invente de mémoire
- Une astuce simple, drôle et fidèle
Faire un film Masters of the Universe, ce n’était pas seulement une affaire d’épées, de muscles et de nostalgie. Le vrai casse-tête était ailleurs, dans ces noms que tout le monde connaît et que personne ne prend totalement au sérieux. He-Man, Ram-Man, Fisto, sur le papier, ça tient du jouet des années 1980 plus que du blockbuster moderne.
Le piège de l’adaptation, entre kitsch et fidélité
C’est là que le film réalisé par Travis Knight, écrit par Chris Butler, Aaron Nee, Adam Nee et David Callaham, trouve sa bonne idée. Plutôt que d’effacer ces appellations un peu gênantes, il leur donne une raison d’exister à l’intérieur même du récit. Et franchement, c’est plus malin que de faire semblant de ne pas voir le problème.
Le point de départ reste classique. Skeletor, joué par Jared Leto, attaque Eternia avec son armée. Pour protéger l’épée du pouvoir et les secrets de Grayskull, le jeune Prince Adam, incarné d’abord par Artie Wilkinson-Hunt avant le relais adulte de Nicholas Galitzine, est envoyé sur Terre par sa mère, la reine Marlena, jouée par Charlotte Riley, avec l’aide de The Sorceress, incarnée par Morena Baccarin.
L’enfance d’Adam devient la clé du canon
Adam part enfant. Il garde donc de Eternia des souvenirs flous, presque comme des croquis mentaux. Et puisqu’il ne connaissait pas les vrais noms de la plupart des guerriers loyaux à son père, le roi Randor, joué par James Purefoy, il leur a inventé des surnoms à partir de ce qu’il voyait chez eux. En gros, des noms idiots, mais descriptifs.
Ce détail réécrit discrètement tout un pan du folklore. Les noms absurdes ne tombent plus du ciel, ils viennent du regard d’un enfant. Dit comme ça, ça paraît tout bête. À l’écran, c’est une manière propre de garder la couleur d’origine sans casser la crédibilité de l’ensemble.
Quand le gag devient un moteur de personnages
Après avoir retrouvé l’épée dans une boutique de comics, des années après l’avoir perdue pendant son voyage cosmique vers la Terre, Adam revient finalement sur Eternia avec son amie d’enfance Teela, jouée par Camila Mendes, juste après une bagarre sur autoroute contre un monstre de Skeletor.
Sur place, il découvre une résistance secrète formée par plusieurs guerriers fidèles à Randor. Il reconnaît alors Ram-Man, incarné par Jon Xue Zhang, et l’appelle par ce nom, ce qui laisse le principal intéressé assez perplexe. Adam lui explique simplement qu’il l’avait nommé ainsi parce qu’il fonce sur les choses avec sa tête.
Même mécanique pour Fisto, joué par Jóhannes Haukur Jóhannesson, ou pour Mekaneck, incarné par James Wilkinson, dont le cou bionique extensible rend le surnom presque évident. Côté ennemis, Trap-Jaw, joué par Sam C. Wilson, y passe aussi, après qu’Adam l’a vu combattre Duncan, alias Man-at-Arms, incarné par Idris Elba.
Une adaptation plus consciente qu’elle en a l’air
Et oui, Adam reconnaît aussi qu’il s’est attribué lui-même le nom de He-Man. Le film pousse même le trait avec Teela, qui lui demande quel était son nom secret à elle. Réponse, « Warrior Goddess », preuve assez claire du béguin d’enfance.
Résultat, le film assume sa part de fromage sans s’y noyer. Cette petite trouvaille narrative rend l’ensemble plus cohérent, plus drôle aussi, tout en restant fidèle à ses racines. Pour une franchise qu’on pouvait craindre purement nostalgique, c’est un signe intéressant. L’adaptation n’essaie pas de fuir son héritage, elle l’organise. Et pour ce genre de licence, ça change pas mal de choses.