La saga techno-thriller à l’origine du film Backrooms de Kane Parsons

Image d'illustration. BackroomsA24 / PR-ADN
Avant de porter à l’écran l’univers étrange des Backrooms, Kane Parsons s’est inspiré d’une série techno-thriller, dont les thèmes et l’atmosphère ont influencé la conception de son film d’horreur très attendu.
Tl;dr
- Backrooms, né d’une vidéo YouTube virale de Kane Parsons, s’impose comme un film d’horreur psychologique porté par une esthétique neuve et expérimentale.
- Le film est fortement influencé par Mr. Robot, que le réalisateur a visionné de nombreuses fois et dont il reprend la tonalité anxiogène et fragmentée.
- Mélangeant aussi des références comme Utopia et Devs, Backrooms explore les thèmes de la paranoïa, de la technologie et de la perception du réel.
Une nouvelle génération d’angoisse cinématographique
L’arrivée du film Backrooms sur les écrans marque un tournant surprenant dans le paysage du cinéma contemporain, dominé ces dernières années par des franchises parfois essoufflées. Ce projet, né d’une vidéo virale sur YouTube signée Kane Parsons, attire l’attention par son originalité et sa capacité à insuffler une énergie neuve dans le genre. Mais ce qui intrigue surtout, c’est l’entremêlement d’influences aussi diverses que marquantes derrière sa création.
L’inspiration inattendue de Mr. Robot
Le réalisateur n’a jamais caché sa fascination pour certaines œuvres ayant marqué la pop culture récente. Si les joueurs reconnaîtront des clins d’œil à la série vidéoludique Portal, c’est avant tout la série télévisée Mr. Robot, saluée pour son approche technologique et son esthétique déroutante, qui s’est avérée déterminante dans l’élaboration de la vision de Parsons. Dans une discussion relayée par io9/Gizmodo, on apprend que le créateur du film a visionné Mr. Robot à de multiples reprises, « huit ou neuf fois », admet-il, jusqu’à s’imprégner de sa tonalité singulière et de ses atmosphères pesantes.
Un processus créatif nourri par plusieurs références
Curieusement, l’idée première n’était pas celle d’un long-métrage mais d’une série épisodique, à l’image des sources d’inspiration du réalisateur. Lors de son échange avec Sam Esmail, créateur de Mr. Robot, Kane Parsons détaille les éléments qui se sont « cristallisés pour me pousser à vraiment créer la série ». Parmi eux, il cite sans hésiter Channel Four’s ‘Utopia’ et Devs, mais c’est bien la vision trouble et le réalisme anxiogène de Mr. Robot qui a catalysé sa démarche.
Pour mieux saisir cette filiation, il suffit d’observer certains points communs entre les deux univers :
- Déstabilisation constante du spectateur via une narration fragmentée.
- Mise en scène de personnages aux frontières du réel.
- Sujets contemporains liés à la technologie et à la paranoïa sociale.
L’héritage d’une ère numérique fragile
Il serait tentant d’y voir un pur hasard générationnel, tant les tourments vécus par le protagoniste Clark (interprété par Chiwetel Ejiofor) rappellent ceux d’Elliot Alderson dans Mr. Robot. Les dialogues thérapeutiques avec Mary (Renate Reinsve) et la dimension quasi onirique du récit prolongent cette exploration de la frontière entre réalité et perception, un motif cher aux récits nés à l’heure d’Internet omniprésent.
Finalement, si Backrooms fascine autant aujourd’hui, c’est peut-être parce qu’il capte avec justesse ces angoisses modernes, tout en renouvelant subtilement les codes du thriller psychologique au cinéma.